La ponctuation, le ton des messages, Impulsivité et désinhibition de la communication en ligne, se faire comprendre par écrit.

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La ponctuation, le ton des messages, Impulsivité et désinhibition de la communication en ligne, se faire comprendre par écrit.

Message  yoyo le Jeu 28 Nov - 20:32

1. Le point dans un SMS peut sembler rude ou agressif
2. E-mails : le ton du message très souvent mal perçu
3. Impulsivité et désinhibition de la communication en ligne
4. Se faire comprendre par écrit


1. Le point dans un SMS peut sembler rude ou agressif

Soumis par Gestion le 27 novembre 2013

La communication digitale transforme le sens traditionnel du point, selon des observations rapportées par Ben Crair du magazine New Republic. Le point semblerait parfois rude ou agressif.
Car, explique Mark Liberman, professeur de linguistique à l’Université de Pennsylvanie, il est interprété comme mettant fin à la conversation. Un point veut dire: "C'est final, c'est la fin de la discussion ou du moins de ce que j'ai à dire".
Pour les SMS et les messageries instantanées, il est devenu plus habituel de ne pas mettre de ponctuation. Lorsque cette dernière est utilisée, elle prend ainsi un sens.

Les nouvelles technologies de communication ont conduit à utiliser le langage écrit dans un contexte semblable à celui du langage parlé où deux personnes se passent la parole. Les gens écrivent comme s'ils parlaient.
Dans ce contexte, le point a été largement remplacé par le saut de ligne qui imiterait mieux le rythme de la parole. Ce dernier permettrait ainsi d'espacer grandement la ponctuation qui servirait plutôt à exprimer le ton.
L'utilisation des autres signes de ponctuation a aussi changé:
Alors qu'il est difficile d'évaluer si un message est sarcastique ou pas, l'utilisation du point d'exclamation aurait évolué pour servir de marque de sincérité (Es-tu sarcastique? Non!!!).
Le point d'interrogation est de plus en plus utilisé pour tempérer des déclarations directes qui pourraient autrement sembler arrogantes.

Quand aux trois petits points (ellipse), ils sont beaucoup plus utilisés que dans le langage écrit traditionnel. Ils sont notamment utilisés pour remplacer des mots servant de pause tels que hum…, comme alternative au point ("Non." met fin à la conversation; "Non…" permet une suite), pour omettre des détails, etc.

2. E-mails : le ton du message très souvent mal perçu


Soumis par Gestion le 2 octobre 2006



Dans les emails, le ton que l'on croit transmettre - sarcastique, sérieux, humoristique, enthousiaste, etc. - n'est souvent pas perçu.

Les psychologues Justin Kruger et Nicholas Epley ont montré dans une étude, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, que les gens ont tendance à surestimer leur capacité de faire comprendre le ton de leurs messages et leur capacité de bien interpréter le ton des messages qu'ils reçoivent.

La raison de ce manque de conscience serait l'égocentrisme - la personne qui envoie le message entend le ton qu'elle y met tout en oubliant que la personne qui le reçoit n'a pas accès à cette information.

"Les gens ont écrit des lettres pendant des siècles, commente l'un des auteurs, mais ce qui est différent avec ce médium est la facilité et la rapidité de transmission. Cela fait que la communication écrite semble plus informelle et plus semblable à la communication en face à face qu'elle ne l'est réellement."

Les chercheurs ont mené une expérience avec 30 paires d'étudiants. Chacun recevait une liste de 20 affirmations sur des sujets comme la nourriture du campus ou la météo. Un membre de chaque paire enregistrait l'affirmation vocalement, prenant un ton sarcastique ou sérieux tandis que l'autre la communiquait par e-mail.

Les deux groupes, ceux qui avaient communiqué vocalement et par écrit, étaient très confiants que leurs partenaires détecteraient leur ton. Or le ton des messages vocaux a été perçu avec justesse dans 75% des cas contre 56% dans le cas des messages par e-mail, un taux qui n'est presque pas plus élevé que le hasard (une chance sur deux). Ceux qui recevaient le message, vocal ou écrit, croyaient dans 90% des cas avoir bien perçu le ton.

Il est donc nettement plus facile de communiquer le ton d'un message de vive voix que par écrit.

L'égocentrisme est le phénomène, bien établi en psychologie sociale, selon lequel les gens ont de la difficulté à se détacher de leur propre perspective et à concevoir que la perspective des autres puisse être différente.

Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont répété l'expérience en demandant cette fois aux participants envoyant des e-mails de lire tout haut leur texte. À la moitié d'entre eux, ils demandaient aussi de lire leur texte avec le ton opposé, sarcastique ou sérieux. L'idée était de forcer les participants à sortir de leur propre perspective et peut-être annuler ainsi certains effets de l'égocentrisme.

Et en effet, c'est ce qui est arrivé, les participants ayant lu leur message avec les deux tons, ne surestimaient plus la capacité de la personne qui allait recevoir leur message de le comprendre.

Étant donnés ces résultats, des conseils sont :

- essayer de lire son message avec différents tons dans la voix, pour vérifier comment il peut être interprété;
- avant de poster un message avec un contenu émotif, demander à quelqu'un de le lire et de faire part de ce qu'il en comprend;
- dans le doute, attendre au moins une heure avant de poster un message; déjà il sera lu avec un peu plus de recul.

3. Impulsivité et désinhibition de la communication en ligne

Soumis par Gestion le 24 février 2007


Le manque de retenue dans les communications - les propos offensants, embarrassants ou carrément grossiers - sont plus fréquents dans les communications en ligne que dans les communications en face à face, selon le psychologue Daniel Goleman. Ce qui s'explique en partie par ce qui a été appelé l'effet de désinhibition sur internet.

Le psychologue John Suler énumérait, dans un article paru dans CyberPsychology & Behavior, plusieurs facteurs psychologiques pouvant conduire à la désinhibition en ligne:

l'anonymat d'un pseudonyme (anonymat plus ou moins réel en fait); l'invisibilité aux autres; le laps de temps entre l'envoi du message et la réception du feedback; le sens exagéré de soi du fait d'être seul(e) à son clavier et le manque de figure d'autorité en ligne.

Dr. Suler note que cette désinhibition peut être bénigne - par exemple quand une personne timide se sent plus libre de s'ouvrir en ligne - ou peut être toxique, par exemple quand quelqu'un se défoule sans retenu.

Pour Goleman, les recherches en "neurosciences sociales", qui étudient ce qui se passe dans le cerveau et le corps de personnes qui interagissent, aident aussi à comprendre ce manque de retenue dans les communications en ligne.

Dans les interactions en face à face, le cerveau a accès à de constants signaux émotionnels et sociaux en provenance de ses interlocuteurs, et les utilise instantanément pour guider l'interaction suivante de telle sorte que la rencontre se déroule bien.

Une grande part de ce traitement d'informations qui guide l'interaction se produit dans le cortex orbitofrontal, qui est un centre qui intervient dans l'empathie. Cette partie du cortex effectue une surveillance des indices sociaux pour s'assurer que la prochaine action prévue est adéquate.

Des recherches par la psychologue Jennifer Beer de l'Université de Californie ont montré que ce système de guidage inhibe bel et bien les pulsions pour des actions ou des paroles qui perturberaient l'autre ou nuiraient à l'interaction. Des gens ayant des dommages dans cette région du cerveau ont une perte de leur ajustement social. Ils manquent de jugement et font des gaffes. Leur cortex n'est plus en mesure de moduler les impulsions qui proviennent de l'amygdale.

Le comportement social habile est le résultat de l'interaction entre le cortex orbitofrontal et les centres émotionnels comme l'amygdale qui génèrent l'impulsivité. Mais le cortex a besoin d'informations sociales telles que les changements dans le ton de la voix et les expressions faciales, pour savoir comment sélectionner et canaliser les impulsions. Des informations que n'offre pas la communication par e-mail.

Manquant d'indices en temps réel, la communication en ligne peut facilement manquer d'ajustement, autant en ce qui concerne les messages envoyés que l'interprétation des messages reçus.

Des communications par vidéo permettraient un meilleur ajustement. En attendant, il est recommandé de se calmer et de penser avant d'écrire impulsivement. Attendre avant d'envoyer et relire plus tard est aussi aidant.

4. Se faire comprendre par écrit

Soumis par Gestion le 8 octobre 2006


Le ton d'un message écrit (emails, forums, etc.) est très souvent mal perçu. La personne recevant le message, "n'entend pas" le ton qu'entendait la personne en l'écrivant.

Pour la communication d'un message à contenu émotif des précautions sont donc utiles:

- Utiliser le télépnone est parfois préférable.

- Avant de poster le message, le relire en utilisant différents tons (humoristique, sarcastique, sérieux, etc.) afin de vérifier les différentes interprétations qui peuvent en être faites.

- Avant de poster le message, le faire lire par quelqu'un et vérifier ce qu'il en comprend.

- Dans le doute, attendre avant de poster. Après une heure, ou plus, vous le lirez déjà avec plus de recul.

- Dans le cas d'un défoulement émotif, il vaut souvent mieux ne pas poster.


Psychomédia avec source: New Republic.
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Re: La ponctuation, le ton des messages, Impulsivité et désinhibition de la communication en ligne, se faire comprendre par écrit.

Message  maja le Mer 1 Jan - 14:37

J'adhère, j'en suis très souvent victime de ces malentendus écrits !!! Je sors des choses qui me semble évidentes, et finalement, pas tellement, pour l'autre...

Le dernier en date était parti d'une différence culturelle. Pour une fois, ce n'est pas moi qui ai créée le buzz.  Laughing La personne était en plus sous le coup de l'émotion. Le mail est parti de son côté en disant en gros "Tout le monde ment et essaie d'avoir l'autre dans ce pays". Pataquès assuré. Mais un petit dialogue a rétabli les choses. Wink

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