Suis-je dans le déni?

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Suis-je dans le déni?

Message  PSC12 le Ven 31 Mai 2013 - 2:20

Bonjour,

aujourd'hui, je discutais avec une femme très proche de moi du fait que je stabilisée depuis 3 ans et elle a dit que c'était principalement à cause de la médication.

Je prends ma médication à tous les jours mais je suis persuadée que ce n'est pas uniquement à cause de la médication que je me porte bien. Je prends quand même que 5mg de Zyprexa ce qui est très peu en comparaison des doses que d'autres personnes prennent. Je connais ÉNORMÉMENT de gens bipolaires, à travers mes stages, mon bénévolat à une ligne d'écoute et dans une maison d'hébergement pour femmes en difficulté, sur Internet, sur ce forum, qui prennent des médications mille fois plus lourdes que les miennes à des dosages beaucoup plus élevés et qui n'arrivent pas à être bien. Beaucoup de gens stabilisés le disent, il faut plus que la médication pour arriver à une stabilisation, beaucoup de gens croient à tort que la médication est une pilule magique qui règle tout mais je suis persuadée que j'ai aussi des ressources personnelles et intérieures qui m'ont aidé à être bien. Mais je sais pertinemment qu'on ne guérit pas du trouble bipolaire.

Je n'aime pas qu'on réduise ma stabilisation à cette pilule de 5 mg que je prends. J'aimerais avoir aussi du crédit pour mon bien être actuel. Qu'en pensez-vous? Suis-je dans le déni? Je n'ai jamais essayé d'arrêter de prendre ma médication (et je n'ai pas l'intention d'essayer de le faire.)
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Re: Suis-je dans le déni?

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 4:03

Bonsoir ou bonjour !

Je pense que tu as raison, ta stabilité n'est manifestement pas due seulement à ta petite pilule.
Au contraire.

Je deviens de plus en plus convaincu que l'addition des diverses molécules ne nous aident pas du tout à accéder à la stabilité.

Cela fait cinq ans et demi que je suis suivi par la même psychiatre.
Des traitements, on en a essayé beaucoup (on en a fait pratiquement le tour), sauf ceux que je refuse.

Je déplore (le mot est faible) que ces "spécialistes" n'aient pas suffisamment de recul sur les interactions des différentes molécules.
Beaucoup ont tendance à "rajouter des couches" de médicaments.
Il faut dire qu'ils en ont toute une panoplie à leur disposition.
Thymorégulateurs, neuroleptiques, antipsychotiques, anxiolytiques et antidépresseurs...
Et si un seul ne suffit pas, on en prescrit un de plus. Espérant que (peut-être) ça donnera de bons résultats.
Et si ça ne suffit pas, on augmente les doses... evil

Mais tous ses médicaments ne sont pas anodins pour la santé physique.
La conjugaison de leurs effets peuvent faire plus de mal que de bien.
Camisole chimique...
Certes, cela peut permettre de ne plus souffrir psychiquement, mais à quel prix ?
Prise de poids, 40, 50 kilos, plus ?
Devenir un zombie incapable de vivre d'une manière ordinaire ?

Que savent-ils réellement des souffrances que nous traversons ?

Parenthèse :
Récemment, à un patient qui avait pris beaucoup de poids avec son traitement, le psy a dit : "ça fera un gros heureux"...
Beaucoup de personnes sur ce forum souffrent de cet effet indésirable.
Je pense surtout aux femmes pour lesquelles l'obésité (ou même sans atteindre ce niveau) est très mal vécue, entraînant des complexes, et le fait qu'elles ne se reconnaissent plus.
Les conséquences psychiques et morales sont graves.
Comment se reconnaître soi quand on ne se reconnaît pas dans son miroir ?

Moi, je n'ai pas ce problème, mais l'inverse.
Malgré tous les médicaments testés et censés faire prendre du poids, je continue à être maigre comme un clou.
Et je veux dire que ça aussi, c'est une souffrance.
Surtout quand on me le reproche...
Depuis mon adolescence, j'ai essayé beaucoup de choses pour grossir ne serait-ce qu'un peu, en vain.
Alors, j'aimerais qu'on me foute la paix avec ça, surtout quand ça vient de la part d'un médecin.
Fin de parenthèse.

Plus j'avance dans la connaissance de notre pathologie, plus je pense qu'une mono-thérapie est la meilleure solution, puisque dans ce cas, il n'y a plus de mauvaises associations, et leurs effets indésirables conjugués, cumulés.

Bien sûr, le chemin (peut être) est long avant de trouver LA molécule qui nous convient, sachant que chaque cas est différent.
Puis, trouver le juste dosage.

... il faut plus que la médication pour arriver à une stabilisation...
Bien sûr que oui.
Les traitements ne peuvent pas tout, et en tout cas pas nous guérir de la bipolarité.

... je suis persuadée que j'ai aussi des ressources personnelles et intérieures qui m'ont aidé à être bien.
D'accord encore une fois.

Je veux croire, en fait non, je suis sûr que nous avons tous en nous de la force pour accéder à une vie épanouissante.
Encore faut-il que nous ne soyons pas "gazés" par trop de médicaments.
Car dans ce cas notre énergie vitale est en sommeil, ainsi que notre instinct de survie, d'où le risque important de TS.

Personnellement, je suis convaincu que moins j'aurai de médicaments, mieux je me porterai.
D'ailleurs, par le passé (récent, deux ans), on m'avait dit que j'étais nettement mieux quand j'avais arrêté certains traitements.

Bien sûr, je ne parle ici que de mon expérience et ne donne pas de conseils.

En résumé, ce que je veux dire, c'est que moins on a de médicaments assommants, plus on aura de chance de retrouver nos forces, notre élan vital. Je suis convaincu que nous avons en nous beaucoup plus de ressources qu'on ne l'imagine.
Il faut juste que nous puissions y avoir de nouveau accès.

Ainsi, nous serons en mesure de devenir "acteur" (partie prenante) de notre accès à une stabilité satisfaisante.

Certains membres disent qu'ils ne retrouveront jamais la "vie d'avant".
Pour moi, cette "vie d'avant" s'est arrêtée à mes onze mois, suite à un "accident" de table à langer, entraînant fractures multiples, opérations et abus d'anesthésiques entraînant des problèmes irrémédiables du système digestif.
Ce traumatisme aura été le premier événement déclencheur de ma bipolarité.
Ensuite, ce fut le décès de mon père lorsque j'avais sept ans et demi.
Mais bon, on ne va pas refaire l'histoire.

Mais j'en veux à tous les psys que j'ai pu avoir depuis mon enfance (et j'en ai consommé beaucoup) de ne jamais avoir été capable de me diagnostiquer.
Ce n'est que à cinquante ans et demi que je me suis auto-diagnostiqué. Bien obligé, puisque aucun de ces "spécialistes" n'y était parvenu.
Ma vie aurait été différente, au niveau socio-professionnel et conjugal entre autres.

Excuse PSC, j'espère ne m'être pas trop éloigné par rapport à ton post.

Suis-je dans le déni?
Absolument pas selon moi.
5 mg de Zyprexa, c'est un traitement hyper léger.
Et si tu vas bien, c'est que tu parviens à mobiliser tes forces intérieures.

Je te souhaite de continuer vaillament sur ton chemin.
Ne te laisse pas faire. Ne te laisse pas "bouffer" par les médocs.
Et crois en toi !!!

Grosses bises. sunny albino

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Re: Suis-je dans le déni?

Message  Invité le Ven 31 Mai 2013 - 9:33

Que savent-ils réellement des souffrances que nous traversons ?
Bonjour PSC ,

Marc ,tu as vraiment résumé avec cette phrase notre maladie et je pense que certain psychiatre sont juste incompétent en la matière comme dans d'autre métiers ,mais il existe encore des médecin à qui on peux faire confiance , il suffit de bien chercher et ne pas accepter tout ce qu'on t'impose
Un traitement ça ce discute et ça ce négocie toujours, comme un produit ou une vente et il faut parfois avoir juste l’esprit commercial pour convaincre son psy que tout vas bien même si que je ne prend aucun médicament mais il faut connaitre bien la maladie et savoir gérer les crises tout seul comme une personne dite normal Wink
Bonne journée

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Re: Suis-je dans le déni?

Message  mireille le Ven 31 Mai 2013 - 13:45

bonjour Psc

il va de soi que les médicaments seuls ne peuvent pas conduire a la stabilisation ..
je crois que tu as compris beaucoup de choses sur la maladie ..et le travail que tu as fait sur toi contribue largement a ta stabilisation ....
tu es lucide , volontaire , objective ce sont des points tres positifs ....
tu trouveras toujours des gens pour te mettre des battons dans les roues et te faire douter !!
ne les écoute pas !! tu es la seule a savoir ce qui est bon pour toi ....
tu as conscience de ce que tu dois faire et ne pas faire .....rien que pour cela
je t'adresse tout mon soutien ....

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