Poème : La Louve… et autres

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Poème : La Louve… et autres

Message  Marie-F84 le Mar 3 Juin - 4:22

Après avoir tenu cent fois et plus encore,
petites mains tendues vers le Ciel qui implorent
"Tiens-moi la main Cacou, aides-moi car je tombe"
"Donnes-moi donc ta main, Maman pour me lever"
"Aides-moi car j'ai peur de ce qui est trop sombre"
"Nourris-moi car je n'ai plus rien pour subsister"
Petites mains, petites bouches emplies de cris
"Je veux : donc donnes-moi" sans se dire Pourquoi
"C'est ton rôle de mère, fais donc ce que tu dois !"

Petites mains tendues, petits poings, petits cris
Petites dents pointues qui piquent et mordent la vie
Non je ne t'écoute pas je suis adulte en somme
Plus besoin de toi ni de tes conseils périmés
Mais qu'est ce que tu dis encore là Maman
Tu vois bien, j'ai raison, j'ai rien à apprendre de toi
Je sais tout, plus encore, je fais tout mieux que toi
Mais non, enfin, tu verras bien, t'es conne !

Petites mains de femme, fragiles et délicates
qui savent caresser, cajoler, soutenir
Mais qui avec le temps, s'abîment et se déforment
Est-ce vraiment le temps ? Ou bien plutôt ses gosses ?
A force de tirer, serrer, et secouer
Voilà qu'elles se tordent sous les morsures incisives
de ceux qu'elle a nourrit

Pourquoi tant de blessures au bout des bras pendants
Pourquoi ce dos courbé bien avant d'avoir l'âge
Des anciennes grand-mères au dos tassé, voûté ?
Elle ne se tient pas droite, n'a-t-elle pas de fierté ?
Ce laisser-aller, tout de même ! Franchement, qu'elle est moche !
Elle s'en fout et trottine sans prêter ni oreille ni yeux
Vers tout ce ramassis de gens qui la méprisent
Elle a mal, elle est moche, mais oui, elle est courbée
Voûtée devrais-je dire, mais c'est pour la "bonne cause"

Si je suis là, penchée vers le sol malgré moi
C'est tout bonnement parce que j'ai aidé des plus petits que moi
Ils ont grandis, maintenant me dépassent
Mais mon corps a gardé l'empreinte de leurs pas
Leurs premiers petits pas qu'ils faisaient dans la vie
Alors qu'ils étaient juste encore des petits mioches

La Louve est grise. De nombreuses cicatrices
lui bariolent le corps
Quelques côtes apparaissent oui, surtout sur le flan
Côté coeur c'est là où la chair est plus tendre.
Le pelage pelé par endroit lui rappelle
Quelque morsure ancienne d'un jeune qui se fait les dents

A vouloir élever une portée de dominants
Il fallait bien qu'elle leur donne son corps
pour leur apprendre à mordre
Et ils ont bien appris, certains ont mis le temps
Mais ça valait la peine de se saigner à blanc
Pour avoir de jeunes louves fortes et bien armées

Quelque part dans le monde, lui reste loup errant
Qui n'a pas pris le temps de se faire les dents
Des chants l'ont envoûtés, hurlement à la Lune
Astre de la nuit pour des loups comme lui
Qui vivent surtout la nuit
Elle pense qu'il reviendra se nourrir auprès d'elle

Mais pour l'instant elle refait sa tanière :
Un vieux loup fatigué et sans meute aucune
Traîne côté forêt, elle l'a vu sous la Lune
Et ses airs efflanqués l'ont troublée avant-hier

Aujourd'hui c'est pour lui qu'elle se refait belle
Un seul de ses regards a suffit à la belle
Pour lui donner l'espoir d'une seconde vie nouvelle
Au Diable les marmots, les blessures anciennes

Elle se jette à l'eau sans arrière pensée
Avec un coeur tout neuf comme né de la veille
Elle est redevenue la jeune demoiselle
Plus forte et aguerrie par les leçons de vie

Cette 2e partie de vie qu'elle a choisi
Elle va la croquer et la savourer
Comme personne avant ne l'avait fait comme elle

Et elle l'a rejoint, quelque part dans la nuit
Ils ont couru, joué, fait l'amour à l'envie
Croquer à pleins chicots ce qui restait à mordre
Et elle y a perdu ce qu'elle avait de dents

Elle s'est pas rendue compte que son coeur allait fondre
Ainsi elle a brûlé, son coeur pour son amant
Il est parti à l'aube alors qu'elle dormait
Ce qu'il reste de lui : aucune trace sauf un rai

De lumière dans l'oeil de la Louve qui pleure
A entendre ce cri familier qui résonne
Son jeune a retrouvé le chemin de sa mère
Il arrive alors plus beau puisqu'enfin Homme

Et il calme sa mère, la chérit tendrement
Il la prend dans ses bras, l'enlace et la cajole
Ne craint plus rien Maman, je lui là, n'ai plus peur
Je suis revenu, tu vois pour toi, Maman

Avec mes jeunes soeurs je prendrai soin de toi
Reposes-toi, pleure, cri, cogne
Sur mon torse, vas-y, n'ai pas peur, j'ai pas mal
Vas-y, ma tendre Mère, toi qui donne la vie

Je suis là, ton Fils pour t'aider dans la Vie
Je saurai tout gérer, ainsi souffles enfin
Respire calmement, laisse aller tes larmes
De tes joues à mon cou, pleure un bon coup Maman

Je suis là, je te berce, et on t'aime Maman...
Tu le sais que l'on t'aime, oui tu le sais Maman
Alors la vieille Louve ferme enfin ses paupières
Et laisse aller les larmes qui ne voulaient couler

Ces gouttes là emmènent avec elles leur fièvre
Ainsi elle sera prête pour vivre enfin sa vie...

Marie-F84

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Poème : La Rivale

Message  Marie-F84 le Mar 3 Juin - 4:26

Ca fait bientôt 26 ans que tu es là,
tapie dans l'ombre à guetter le bon moment
pour me les prendre et les emmener avec toi.

Au début, je ne te vois pas arriver,
tu t'insinues lentement dans mon couple,
tu observes, tu t'approches, tu te rapproches.
Tu te fais même passer pour une de mes amies,
histoire de ne pas éveiller mes soupçons.

Puis tu choisis ta proie, tu attaques,
comme un serpent tu te glisses entre lui et moi,
tu l'enserres de tes anneaux, de plus en plus fort.
Il se laisse faire, y trouve du plaisir.
Ta chaleur le rassure, avec toi il se sent plus fort,
plus intelligent, plus volubile.

Bientôt il ne verra plus que toi, ne vivra que pour toi.
Il trouvera plein de cachettes rien que pour lui et toi
afin que vous puissiez vous y retrouver tout à loisir.

Je me retrouve seule, seule car tu me l'as pris,
il est là, mais il n'est pas avec moi.
Tu occupes toutes ses pensées,
tu diriges ses moindres volontés.

Je ne peux rien contre toi,
tu le sais bien : tu m'en as pris 2 déjà...
Tu me les as pris alors que je les aimais d'un amour éperdu.

Tu es arrivée à tes fins :
ils sont morts d'amour pour toi...
et moi je n'ai que mon chagrin.
Tu les as entraînés avec toi jusque dans la tombe.

Et maintenant, tu es revenue à la charge.

Celui-là te connait bien.
Il t'avait résisté déjà.
Il connaît ton funeste dessein.
Il t'avait quitté il y a quelques années
avant que je ne le connaisse.

Mais tu es revenue, tu t'es faite plus douce,
plus chaude, plus sensuelle que jamais.
Il aime caresser tes courbes, sentir ton parfum qui l'envoûte,
et le goût de toi l'excite davantage que mes propres baisers...

Je sais quelle est l'issue. Je connais ta tactique.

C'est toi ou moi, il lui faudra choisir.
Tu sais bien que je ne partage pas.

Non ! Je ne ferai pas ménage à trois,
même si tu te fais toute petite
tu prendrais toujours bien trop de place.

Je te déteste, je te hais, je te maudit.

A toi ma rivale : je te le laisse.
Consomme le sans modération si tel est son désir.
Après tout : il n'a qu'à choisir.

Mais ce n'est pas si facile...
Et puis Non ! J'accepte le combat
Celui-là tu ne me le prendras pas
Tu ne m'auras pas vaincue une troisième fois

J'ai un atout que tu n'as pas ma belle :
Moi je ne le détruit pas et il sait que je l'aime

Finalement il a fait son choix, vois-tu et je suis dans ses bras
Il se lasse de toi et de ton goût de mort
Ton parfum n'a pour lui que les effluves d'un port
La bouteille à la mer est toute vide de vie
Et de ton pur poison elle est encore emplie

Vois-tu ce soir la Mort était au rendez-vous
Mais c'etait pour toi qu'elle s'etait déplacée
Tu es battue enfin, et il reste avec nous
L'Amour qui était là, qui vaincra à jamais.

Fatiguée de lutter, je déclare forfait
Maintenant c'est fini, il me faut l'oublier
Seule encore une nouvelle fois
Je le laisse à son choix
Il n'a pu t'oublier, et son amour pour toi
A été bien plus fort, je n'ai pas fait le poids

Je ne me bat plus, vois-tu je te le laisse
Mon coeur a tant souffert : six années de détresse
J'abandonne je sais c'est lâche mais tant pis
Je veux sauver ma peau, ne pas mourir aussi

Et pourtant, malgré moi je ne peux m'empêcher
De repenser à toi, à tes yeux, à tes bras
Chaque respiration je suis là haletante
En apnée sans toi, je ne peux respirer

Mon Amour, mon Coeur tu me manques déjà
Tu es ma dose, mon verre, mon opium, rien qu'à moi
Tes bras sont un berceau ailleurs je ne peux pas
Poser ma tête, m'endormir, me sentir loin de toi

Tant pis pour le venin qui t'empoisonne la vie
Moi la mienne je ne peux la vivre loin de tes bras
Car c'est toi que je veux, c'est pour toi que je vis
L'Amour n'est rien sans toi, je te veux dans mes bras

A mon appel, tu étais là, toujours fidèle, toujours si beau
Mon Coeur tu m'as manqué, mon Coeur comme je t'aime
Reprenons ensemble le cours de notre vie
Réapprenons à marcher dans nos traces de pas

Jamais non plus jamais je ne t'abandonnerai
Aux griffes de l'alcool tu ne périras pas
J'ai arrêté de boire, ce sera plus jamais
Que je perdrais ma vie, que tu me quitteras

J'ai choisi de te garder pour toujours près de moi
Aujourd'hui ça fait un an que je revis ma foi
Dans tes bras, à tes lèvres mon Amour je suis là
Et pour l'éternité nous sommes enfin là

Débarrassés du monstre terrassé pour la dernière fois


Dans le poème "La Rivale", je compare la bouteille d'alcool à une maîtresse

Marie-F84

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