Le coin des poètes maladifs

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Le coin des poètes maladifs

Message  irrecuperable le Lun 24 Mar - 0:15

Salut

Bon, je vais faire une entorse à mon règlement interne, j'ai décidé de poster chaque jour (on verra si je tiens la cadence) un texte tout droit sortit de mon imagination maladive et je vous invite à en faire autant. Je sais que ça vaut pas un clou, mais ça fait tellement de bien de s'exprimer... Soyez courageux, on n'est pas là pour juger, notre maladie nous accapare, résistons, ÉCRIVONS!!! Very Happy 



Le christ luminescent

Pour que le christ brille
On à posé de petites lampes
Sur son corps
Et
Sur sa croix
Les curés
Les trimards
Les grenouilles de bénitier
Pédalent pour alimenter la dynamo
Dès que la nuit apparaît
En fondu enchainé
Ils montent sur les vélos
Et
Pédalent comme des malades
Dans le ciel noir
Le christ est luminescent
Il illumine les campagnes
Et
Fait scintiller les villes
C'est le prince des perdus
Des sciences mathématiques
De tous ses feux allumés
Il éclaire la voie
C'est pas compliqué
Faut juste y croire
Un jour viendra
Où tout le monde
Voudra son christ luminescent
Au dessus de la tête
Alors ils pédalerons
Jusqu'au lever du soleil
Puis ils jouerons au ballon
Tous les christ luminescents
De la surface de la terre
Éclairerons l'univers
Tous les ballons du monde
Remplirons les stades
Et
Tandis que les couillons pédalerons
Ce sera à nouveau
La coupe du monde
Les christ luminescents
Descendrons sur le terrain
Histoire de marquer des buts
Le ballon c'est comme le vélo
Faut appuyer sur le champignon
Doubler les adversaires
À grands coups de pieds
Sous les hurlements
De la foule en délire
Monter sur le podium
Et
Prier devant son trophée
J'ai jamais rien compris
Aux règles de la société
J'ai peur des ballons
J'aime pas le vélo
J'ai rien qui brille
Au-dessus de la tête
Dans mon quartier
J'suis pas vraiment aimé
Le chef de la bande
Il fait tourner les ballons
Autour de son nez
Et
Dès que la nuit tombe
Il pédale comme un fou
Son christ luminescent
Illumine son jardin
Il paraît que ça fait pousser les radis
Chez moi c'est tout à la bougie
Les murs sont gris
J'ai branché la petite télé
Sur une batterie de camion
J'suis tout seul
J'ai dans la tête
Un christ luminescent
Qui pédale tous les soir
Pour faire briller
L'ampoule du plafonnier
Fixée sur mon âme
Quand tous les crétins du monde
Arrêterons de pédaler
Crèverons les ballons
Logerons les sans-abri
Alors les trimards
Les curés
Les grenouilles de bénitier
Habiterons mon quartier
On ira se saouler
Aux terrasses de cafés
Plus tard dans la nuit
On partiras en taxi
Faire le tour du monde
Et
On mettra le feu aux villes
Pour réduire à néant
Les christ luminescents
On débranchera
Les postes de télé
On remplacera les affiches électorales
Par des photos d'insomnies
On écrira des lettres d'impostures
Des livres avec des mots salauds
Des poèmes sans rimes
Que personne ne lira
On dormira dehors
Dans ce nouveau monde tordu
Qui ne veut rien entendre
On sera maudit pour toujours
Rattrapés par le passé
Les tarés remonterons sur les vélos
Regonflerons les ballons
Tout rentrera dans l'ordre
On construira de nouvelles prisons
On remplira les centres psychiatriques
Le christ luminescent
Redeviendra la lumière divine
Au son des cloches
Tous les tarés de la terre
Chanterons leur victoire
Remplirons les urnes
Dans les campagne
Dans les villes
On fêtera l'arrivée du printemps
A grands coups de pédales
Le ciel brillera
Mais un jour les étoiles
La lune
Le soleil
En auront plein le cul
Ils partirons
Pour une nouvelle galaxie
Je ne sortirais plus de mon lit
Dans la radio
Se jouera un air étrange
J'allumerais la télé
Pour voir les infos
Prisonniers d'un soleil noir
Les christ luminescents s'éteindront
Des éclairs sorties de l'enfer
Découperons la surface de la terre
Depuis leurs bunkers
Les hommes politiques
Ferons leurs adieu
Mais tout ça
C'est de la science fiction
Les christ luminescents
Les ballons
C'est bien tout
Ce qui fait tourner ce monde
C'est tellement contagieux
Pas vraiment courageux
Quand à moi
Je ferme ma gueule
Prends mon traitement
Remonte les couverture
Éteins la lumière
J'aurais jamais assez de la nuit
Pour combattre ce système
J'ai laissé la porte d'entrée
Et
Les fenêtres ouvertes
Le souffre de mon cœur
Déchire mes cauchemars à venir
C'est comme si j'étais mort
J'aimerais savoir
Pourquoi je ne m'aime plus
Cette nuit dans mes rêves
Je traverserais les murs
Débrancherais toutes les dynamos
Et
Tirerais sur les ampoules
Me cacherais au fond des océans
J'écraserais mes mégots
À la surface de l'eau
Je perds l'équilibre
Et
Sombre dans les ténèbres
Je croyais que la terre était le ciel
Que l'océan était les nuages
J'ai rien compris
J'ai tout raté
Tout ça pour faire briller
Un crucifié luminescent
Dans cette nuit sans lune
Je m'endors sans scrupules


Allez, à vos claviers...



irrecuperable

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Ecrire

Message  Andrée le Lun 24 Mar - 6:12

Ecrire

Ca fait du bien d"écrire
Une suite de mots qui sort sans prévenir
Avec majuscule sans virgule sans ralentir
Poète d'un jour pour se divertir
Quelques mots pour te dire
Cette cadence à tenir
Comme un jeu de construction qui va jaillir
De ton imagination sans faiblir
Te souhaite avec un petit sourire
Une bonne journée à venir
Et n'oublie pas de te faire plaisir
par de petits loisirs

Franzie

A vous  ordicoul ...

Andrée

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Les yeux de l'homme perdu

Message  irrecuperable le Lun 24 Mar - 21:13

Salut!

Merci franzie pour ce joli petit texte très encourageant. ok  Je ne suis pas sur de tenir le rythme, bah, en voilà un autre tout chaud..


Les yeux de l'homme perdu

Assis sur un banc
Face à la mer en colère
Cigarette vissée au bec
Je regarde le temps se disloquer
Dans l'incertitude de l'estuaire
La marée démontée scrute
Les yeux de l'homme perdu
Dans le brouillard matinal
Les morsures du printemps
Descendent du ciel
Et
Dansent comme des couteaux
Lancés à la figure
D'un drapeau planté
Sur une île déserte
Le vent du mois d'avril
Me pique au visage
Comme un serpent venimeux
À mes pieds
L'eau déchaînée de l'océan
Crache sur les rochers
Comme un cheval de feu
Le soleil embrase le ciel
J'aimerais qu'il me prenne la main
Dans l'éclaboussure lumineuse
Je disparaitrais comme un éclair
Dans le feu des cratères
Avant de devenir poussière
J'suis qu'un voyageur en sursis
Les yeux perdus dans le néant
J'veux refaire ma vie
Loin de moi
Oublier cette ****** de pluie
Qui trempe mes envies
Partir en courant
À l'autre bout de la terre
Le cul vissé au banc
J'arrive pas à décoller
Le brouillard s'évapore
Le soleil brûle la surface de l'eau
Je balance mon mégot
Au cul des oiseaux
Les chiens du quartier
Viennent pisser sur les rochers
Dans la lumière rose du matin
On dirait des loups
J'entends le ressac de la mer
Ciseler l'air
À trop chercher qui aimer
J'en perds la tête
L'ailleurs est trop loin
J'peux plus bouger
Tétanisé par la peur
J'ai mal au cœur
Vu de l'extérieur
J'ai surement l'air
D'un type ordinaire
Né d'un furieux hasard
Qui à trop vite poussé
Sur une planète invisible
Mon père c'est la lune
Ma mère c'est saturne
J'suis tombé du ciel
La tête la première
J'ai foncé dans l'univers
Quand j'ai vu la terre
J'ai ciselé les nuages
Déchiré le ciel
Comme un crachat qui voyage
À la vitesse de la lumière
J'ai atterri sur ce banc
J'savais pas que l'enfer
Était sur la terre
Je me roule une deuxième cigarette
Craque une allumette
Souffle la fumée droit devant
J'prends feu de l'intérieur
Furieusement je me lève
Et
Pars marcher sur un sentier
Creusé dans la falaise
Le poison au fond des mes veines
Cogne dans ma tête
Je traverse les plages
Et
Arrive en ville
Perdu dans les rues
Je traîne mes savates
Jusqu'au jardin public
Avec mes yeux de perdition
J'ai fait peur aux gosses
Un type à appelé
La police des regards perdus
J'me planque sous un escalier
Le soleil à plongé dans l'océan
La nuit est tombée
J'peux aller vagabonder
Jusqu'au bout de la jetée
Dans cette cité rien ne me plait
La mer frappe à grands coups de poings
Le parapet de béton armé
Les drisses chantent
Les oiseaux sont couchés
Sous l'épaisse froideur de l'océan
Les algues poussent
Dans le ciel d'encre
Les étoilent filantes
Volent en sifflant
Portées par la douceur de vivre
Elles meurent en tombant
Je sent pousser dans mon dos
Des ailes de poulet
Je me jette à l'eau
Et
M'envoile direction l'horizon
Assis sur un nuage
Je regarde briller cette ville
Toutes les milices de quartier
Sont à la recherche
De l'homme aux yeux perdus
J'ai bien fait de me sauver
Le silence assourdissant de l'univers
Berce mes rêves de taré
J'veux plus souffrir
Le dragon de feu de mon cœur
Serre ma poitrine
Il faut que j'apprenne
A ne plus vivre seul
Je me laisse tomber
Comme une étoile éphémère
Je m'éteindrais
Avant de toucher la terre
Sous les atomes des cieux
Rien n'a changé
Je traverse les étincelles
Des feux de mon âme
Je scintille au dessus de l'eau
J'ai tatoué sur ma peau
Les yeux de l'homme perdu
C'est juste une tête de mort
Dessinée sur le cœur
J'ai connu le pire
Le soleil va bientôt se lever
J'pourrais alors regarder
Dans son reflet
Un sentiment d'éternité
Mes ailes se déploient
et
Je m'envole loin des regards
Maintenant je suis bien
Mais j'ai pas quitté mon banc
C'était un juste rêve
Le regard perdu vers l'océan
Je demande à la poussière
La direction du néant
Le vent se lève
La grisaille menace
C'était le premier jour
Du reste de la vie
De l'homme
Au regard perdu
































irrecuperable

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Western

Message  irrecuperable le Mar 25 Mar - 21:02

Salut...

Bon, je continue tout seul...


Western

J'ai décollé tôt ce matin
Faut dire que j'ai pas fermé l'œil
Trop occupé à écrire
Des histoires sans importances
J'ai bu tout le café
Fumé toutes mes clopes
Je m'habille d'idées en vrac
Enfile mes godasses noires
Ferme la porte d'entrée
Descend les escalier
A la terrasse d'un troquet
Je bois mon café
Roule une cigarette
Explose une allumette
J'regarde les voitures
Foncer direction les plaines
C'est les derniers jours de mars
Le goudron de la route
Brille d'une pluie fine
C'est une petite ville
Perdue au fond d'un canyon
Les adjoints du shérif
Chassent les étrangers
Les banques sont blindées
Les idées sont verrouillées
J'peux rien y changer
Les apaches sont crevés
On à pendu Gary Cooper
Empaillé les coyotes
Le projecteur solaire
Éclaire les décors de cinéma
L'hôtel de ville est en carton
Les acteurs cherchent la bagarre
Les scènes s'enchaînent
Le fric gère le tournage
Je cherche autre chose
Qu'un duel au soleil
J'ai enterré mon flingue
Au fond d'une tombe
J'ai vidé mes bouteilles de whisky
Sur le sable du désert
Avant j'étais du genre méchant
J'arrêtais les types dans la rue
Et
Leur lançais au visage
Hé! c'est par où pour évoluer?
Ça canardai dans tous les coins
Un jour j'ai tiré sur le boucher
Tué d'une balle
Il est tombé dans la poussière
J'ai épousé sa fille
J'suis devenu un type bien
Sans arme ni alcool dur
Mais j'ai pas su m'enfuir à temps
Elle m'a jeté à la rue
Et
À refait sa vie avec le shérif
Depuis je ne dors plus
J'embrasse mes nuits
Sans savoir quoi en faire
J'ai tout les symptômes
D'une perte de contrôle
Quand le vide me fait signe
J'écris des textes bancals
Dans ma chambre d'hôtel
C'est tous les soirs pareil
J'tourne en rond
Alors je pars creuser
Dans les cimetières
À la recherche de mon arme
Je l'ai perdue à jamais
Comme l'envie du whisky
Qui c'est tarie
J'suis devenu un pauvre type
Avec rien dans les poches
Le cœur en vrille
Je me raconte des histoires
Toujours la même rengaine
C'est pas beau à voir
Bien que l'aube
Soit pleine de promesses
J'fais claquer les portes
De ma boîte crânienne
J'ai beau faire la chasse
Aux mauvaises pensées
J'suis accroc aux sales envies
Depuis que j'ai connu des obstacles
C'est la débâcle en continu
J'ai sur le bout de la langue
Une grosse pierre grise
Qui m'empêche de parler
J'aimerais faire partie d'un gang
Histoire de coller ma zone
Dans cette ville de l'ouest
Bien calé sur ma moto
J'tournerais dans les quartiers
À la recherche d'une fille
Aussi déchirée que moi
Accrochée dans mon dos
On roulera toute la nuit
A la recherche du temps perdu
On traversera tous les orages
Comme des voyageurs en sursis
Puis au petit matin
Arrivés au bout du chemin
Tu me quittera
Pour Billy The Kid
Assommé comme un lourd dingue
J'pillerais la diligence
Toujours prêt à chavirer
J'achèterais un nouveau pistolet
J'boirais des litres de whisky
Redevenu un sale type
Le temps d'un duel au soleil
Cette fois je crèverais
D'une balle en plein cœur
Les chacals pisserons sur ma tombe
Enfoncé dans ma chaise
J'bois mon café d'un trait
Tire une dernière bouffée
Au cul du mégot
Que je balance dans le caniveau
J'vais au comptoir
Payer le café
Et
Le tabac à rouler
La taulière me rend la monnaie
J'pars chanter ma rengaine
Dans un autre bistro
Triste à pleurer
J'arrive pas à chialer
Sur la plage
Je marche direction le bar du marché
C'est plein à craquer
Debout contre le bar
Je commande un café
J'suis vraiment un drôle de type
La tête branchée ailleurs
Je regarde dehors tomber la pluie
Je ne comprends rien à la vie
J'ai dans le cœur
Une petite fleur qui se meurt
J'irais lancer des bombes
Sur cette ville de cowboy
Mais comme la mort
N'ouvre pas les yeux
Je paye mon café
Et
Retourne dans ma piaule
Située derrière la colline
Devant l'écran d'ordinateur
J'sais plus quoi faire d'autre de mes nuits
Comme dans un mauvais western
J'écris The end
A la place
De je t'aime

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Écriture

Message  Jacques le Mer 26 Mar - 4:06

Bonjour, iRécupérable ! Smile

Tu (d)écris très bien !
Ce n'est pas parce que
tu habites à Royan
que tu es à l'ouest
Il y a toujours
un ouest plus loin
jusqu'à que l'on
arrive à l'est
au delà de l'amer
Et puis ton texte
s'appelle western
pas westend !
 ok 

De la part
d'un autre quoiboy…

Tiens une quoigirl
qui passe !


Jane Birkin — Quoi



Bonne journée. cat Bisous Very Happy. Jacques Smile

_________________
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Une fronde en or

Message  irrecuperable le Mer 26 Mar - 22:05

Coucou, me revoilou...

Merci Jacques! Tu as raison, grrrr, faut toujours que je noircisse le tableau! J'aime beaucoup le morceau de J.B., merci c'est cool!

Bon, un autre texte, j'espère que c'est pas trop triste...

Une fronde en or

Dans la laverie automatique
Je fais les poches de mon froc
Des pièces de monnaie
Un vieux ticket de cinéma
Et
Une fronde en or
C'est tout ce qu'il me reste
De mon enfance terrible
Je passais des heures
À flinguer les carreaux
Grimpé en haut d'un arbre
Dans ma tenue de Zorro
J'étais le tueur du quartier
Quand j'ai tiré sur cette fille
J'pensais pas qu'on allait devenir
Inséparables pour l'éternité
Quand ses vieux dormaient
Elle piquait des feutres
Et
Des carnets à dessins
On partait au fond du bois
J'dessinais des étoiles bleues
Avec des yeux de princesse
J'avais capté son regard
Les yeux noirs de ma copine
Fallait que je les grave
Dans tout l'univers
Elle piquait aussi des cigarettes
J'tirais sur les clopes
Sans avaler la fumée
L'un contre l'autre
Sans dire un mot
On regardait le ciel gris
Toutes les pendules du monde
Se sont arrêtées
Le temps que nous passions ensemble
Restait figé pour l'éternité
Rien n'est jamais
Sortit de notre bouche
Pas une parole
Pas un mot
Juste un sourire
Plus beau qu'un arc-en-ciel
Dans le silence
De nos conversations imaginaires
Je faisais des trous dans le sable
Pour cacher les dessins
Et
Les paquets de cigarettes
J'tavais offert ma fronde en or
Tu l'avais serrée contre ton cœur
T'étais comme la chanson d'un oiseau
J'étais ton héros
Dès le printemps
On allait au bord de la rivière
Faire des ronds dans l'eau
On mangeai des noisettes
Tu m'avais donné ton harmonica
Mais j'lai fait tomber dans l'eau
T'avais rien dit
Juste pris ma fronde en or
Pour tirer un caillou
Au fond de la rivière
On c'est bâti une cabane
Au centre du bois
L'hiver on mettait des braises
Dans une boîte de conserves
Quand la neige tombait
On allait chez ma grand-mère
Blottis contre la cuisinière
On ne pipais pas un mot
J'tavais appris à dessiner
Sur la petite table en formica
Assise contre la fenêtre
L'ancêtre dormait devant la télé
Dans ce petit baraquement en bois
On se sentait mieux
Que dans tous les palaces
Les mercredi on allait dans le parc
Faire du tourniquet
J'avais un gros bateau à voile
Qu'on faisait naviguer
Dans un petit bassin
Pour le faire bouger
On soufflait dessus
Sur le chemin du retour
Ma grand-mère nous payait toujours
Des glaces à la fraise
Avec des menthe à l'eau
Bien qu'étrangers pour les autres
Personne pour nous faire chier
Libres de ne pas parler
Avec ma fronde en or
Tu déglinguais
Tous les carreaux du quartier
À l'école on était
Les mieux notés
On avait les cieux
De notre côté
Chaque jour était plus beau
Que l'Angélus de Millet
Un jour de juillet
Sous un ciel déglingué
On à foutu le feu
Chez le voisin
La maison à cramée
Comme une torche vive
J'suis partit en courant
Et
Quand j'ai regardé derrière moi
Je t'ai vue tomber dans l'escalier
T'as même pas criée
J'me suis jeté dans les flammes
Mais le toit est tombé
Quand j'me suis réveillé
Dans ma chambre d'hôpital
J'ai trouvé sur une petite table
Ma fronde en or
Bien des années plus tard
Em marchant le long de la rivière
J'ai retrouvé ton harmonica
J'savais pas que t'avais
Fait graver mon nom
J'lai balancé
À la face du soleil
Depuis j'entends plus
Mon cœur cogner
Je me contente de vivre encore
Et
Saute dans des gouffres
J'ai l'amour pris en grippe
J'fais place à la nuit
J'arrache le cœur de ma poitrine
Le place dans le cuir
De ma fronde en or
Et
Tire dans le tambour de la machine
Le fond des poches de mon froc
Est comme la mémoire de la poussière
De la même matière
Que la cendre de cigarettes
Des larmes remplies d'acide
Pleurent dans ma tête
Ma vie défile très speed
J'ai l'humeur vagabonde
T'étais ma fleur en hiver
Maintenant j'suis tout seul
Comme une pierre tombée sur la terre
Je t'ai vue danser
Dans les flammes de l'enfer
Les yeux perdus vers le large
Un beau jour
J'oublierais ton existence
Comme un soleil fané
Mon corps froid
Traversera les miroirs
Dans une mer limpide
Je dessinerais ton regard
Et
Comme un loubard
Avec mon blouson noir
J'trainerais tard le soir
Comme un fou paumé
Je traverserai la jungle
Casserais toutes les portes
Quand je t'aurais retrouvée
Je ne saurais quoi te dire
Dans le silence de nos envies
Dans la nuit noire encore humide
Avec ma fronde en or
Tu dégommeras les étoiles d'argent
Elle tomberons comme des diamants
Au petit matin tu partiras
Dans la laverie automatique
À la recherche de mon cœur
Tu trouveras au fond mon froc
Des étoiles de diamant
Et
Ma fronde en or
















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Re: Le coin des poètes maladifs

Message  mireille le Jeu 27 Mar - 7:28

coucou AL

dis moi il est inspirée d'un fait réel ton poème?
c'est nostalgique mais beau .
tant que tu as l'envie et l'energie de t'exprimer par l'écriture ne t'en prive pas .
c'est une excellent thérapie .
bravo et merci de nous en faire profiter ...
bises

mimi

mireille

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Les larmes de mon arme

Message  irrecuperable le Jeu 27 Mar - 21:38

Salut!

L'histoire n'est pas tout à fait exacte car le feu n'a pas dévoré la maison et le toit n'est pas tombé. Par contre, les adultes nous ont séparés et je ne l'ai jamais revue... Merci Mireille de m'encourager à continuer!

Voici un autre texte juste terminé:


Les larmes de mon arme

Il y à bien des années
Que j'dors plus armé
Tu t'appelais Gelsomina
Quand je trainais sur les routes
T'étais dans ton étui
On vivais dans un cirque
Chaque soir sur la scène
C'était le même numéro
J'tavais échangée
Contre mon âme
Un soir d'été
Quand la nuit à sonnée au téléphone
J'ai pas décroché
Trop occupé
À tirer une pluie de balles
Je t'ai collée contre ma tête
T'as pas voulu tirer
Depuis que t'es grippée
J'vais pas bien
Les larmes de mon arme
Refusent de tomber
Dans la cave
J'tai enterré dans un trou
J'ai perdu l'envie
Toutes les nuits
Je met au point
Un nouveau numéro
J'me déguise en Gelsomina
Et
Crache des balles sifflantes
J'me donne des coups de crosse
En pleine poire
Comme mon cœur est enraillé
J'peux plus tirer
J'aimerais tellement pleurer
Mais les portes sont bouclées
A la fin du spectacle
Lancé à vive allure
Au guidon d'une moto
Je disparais dans un océan de flammes
À chaque répétition
Je tombe dans le feu
La belle robe de Gelsomina
Est toute cramée
Je sent le souffre
Et
Ne sait toujours pas
De quoi de souffre
J'partirai bien sur la route
Mais j'ai peur
Qu'on me tire dans le dos
Dans ma piaule de cinglé
Je tourne en rond
Toujours à la recherche
D'une scène à faire briller
Alors je passe mes journées
Au fond de mon lit
J'ai plus la force de lutter
Envie de rien
Debout sur les freins
Comme j'ai peur de la nuit
J'ai coupé le téléphone
Bouché avec du carton
Toutes les fenêtres
Verrouillé les portes
L'œil rivé sur la télé
J'ai le monde à mes pieds
Trop facile de ne pas bouger
Dans mes rêves les plus fous
Je creuse le fond de la cave
À grands coups de marteau piqueur
Pour récupérer
Les larmes de mon arme
Quand je t'ai vue
Pour la première fois
J'étais qu'un gamin
Sans le sous
Le sale type de la boutique
A exigé mon âme
Comme je ne savais
Pas quoi en faire
Je lui ai donnée
Pendant des années
Il m'a appris à en jouer
Un jour je suis partit
À l'autre bout de la ville
Et
J'ai rencontré
Le cirque de monstres
J'passais en première partie
De la fille à la carabine
Un soir après le spectacle
Elle m'a invitée dans sa loge
On à refait le monde
A grands coups de rouge limé
Quand le soleil
À viré son pyjama
On est partis sur la plage
Faire un grand feu
Je l'ai regardée se baigner
Elle c'est laissée couler
Avant de disparaître
Elle à dessinée
Sur l'étui de mon arme
Le visage du sale type
Qui à pris mon âme
J'ai appris bien plus tard
Que c'était sa femme
J'savais pas que ce sale type
Était le diable
Et
Que mon arme
Était sa guitare
J'ai toujours tiré à blanc
Des balles de craie blanches
A force de jouer
Mes doigts ont creusés
Le vernis du manche
Son corps est blanc
C'est une Stratocaster
Sortie des entrailles de l'enfer
J'ai joué à en crever
Tous les blues de la terre
Elle m'a aidée à surmonter
Toutes mes sales histoires
Mais ça ne pouvais plus durer
Quand j'entrais sur scène
J'étais mort de trouille
Une nuit j'ai voulu en finir
J'ai avalé toutes mes larmes
Et
Rangé mon arme
Je ne jouerai plus jamais
Depuis que j'ai perdu mon âme
J'ai plus jamais tiré
Une seule larme
Juste joué des sanglots de feu
Des torrents de lave
J'avais le cœur
Fondu comme un cratère de feu
Comme je n'ai jamais appris à parler
Je jouais toute la journée
Un jour le diable
M'a dit que je jouais
Comme un dieu
Comme j'ai jamais cru aux cieux
J'lai planté le soir de noël
J'ai passé la nuit
A creuser au fond de la cave
Si un jour vous trouvez ma guitare
Donnez-là au diable
Alors il vous racontera
L'histoire de l'arme
Qui n'a plus de larmes

































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La neige pousse au fond de l'océan

Message  irrecuperable le Ven 28 Mar - 23:09

Salut!

Allez, aujourd'hui, une histoire de dingue avec chimpanzé obsédé...



La neige pousse au fond de l'océan


Les pieds attachés à une pierre
Les mains liées
La tête dans un sac
J'suis au fond de l'océan
Des types m'ont balancé
En pleine nuit
Parce que j'écrivais mal
Ils font partie de la bande
Des tueurs de mauvaises histoires
Ils ont défoncé ma porte
Assassinés ma femme
Et
M'ont envoyé à l'asile
J'y ai passé des années
Pris tous les traitements
J'étais à l'isolement
Condamné à errer
Dans les couloirs de la folie
Je dormais par terre
Devenu complètement cinglé
Chaque jour j'inventais
Une nouvelle histoire
Que j'écrivais sur les murs
Mais quand je leur ai dit
Que la neige
Pousse au fond de l'océan
Ils m'ont enterré vivant
J'ai continué à rêver
Au dessus de ma tombe
Est sortit un arbre creux
Ses branches étaient folles
Dessus il poussait
Des fleurs de feu
Ils on tout tout cramé
Au lance flamme
J'ai creusé la terre
Et
Suis partit marcher
Jusqu'au bout du monde
À la recherche d'un idéal
Dans la jungle tropicale
J'ai rencontré
Un chimpanzé transsexuel
Il avait de gros nichons
Et
Une petite bite
Rejeté par sa tribu
On c'est tout de suite plu
Toute la journée
Il se tirait sur l'élastique
Les nuits on partait
À la pêche aux étoiles
Je passais mes journées
A écrire des drôles d'histoires
Sur ma peau
Un jour j'ai commencé
À écrire sur son dos
Tous ses poils sont tombés
Et
C'est devenu
Une belle hermaphrodite
J'ai arrêté d'écrire
Je la regardais dormir
Quand elle se tirait sur l'élastique
J'lui pelotait les nichons
Et
Lui passait la main au cul
L'histoire à fait
Le tour de l'Afrique
Les braconniers l'on capturée
Et
Elle est partie
Se tirer sur l'élastique
Au fond d'une cage
C'est devenue l'attraction
D'un zoo en Europe
J'ai construit un radeau
Et
Suis partit à sa recherche
J'ai traîné mes savates
Dans toutes les villes
Puis je l'ai retrouvée
Chaque jour de la semaine
J'allais la regarder
Se tirer sur l'élastique
Une nuit j'ai scié les barreaux
De sa cage
On à vécu dans un squat
En centre ville
Puis elle à voulue
Gagner de l'argent
Alors elle à vendue son cul
On à loué un grand appartement
Tous les soirs
Elle arpentait les trottoirs
J'me suis mis à déconner
C'était plus fort que tout
J'ai recommencé à écrire
Des histoires de taré
La brigade de la pensée
À déboulée un matin
On étais au fond du lit
Je la regardais
Se tirer sur l'élastique
Les types sont devenus fous
Ils l'on violée
Et
Lui ont coupés la bite
Ils ont brulés mes textes
Maintenant je coule
Au fond de l'eau
J'peux plus écrire
Tout ce que je peux dire
C'est un jour j'ai écrit
Que la neige
Pousse au fond de l'océan
Personne ne m'a cru
On m'a pris pour un fou
J'avais tout noté
Sur le dos du chimpanzé
Je sort de ma poche
Un petit canif
Et
Coupe mes liens
J'enlève ma tête du sac
Et
Nage à la surface
Maintenant je vis sur une île
Quand je pense à ma femme
Qui se tirait sur l'élastique
Ça me fait marrer
Mais j'ai plu envie d'écrire
Ni sur le ciel
Ni sur le sable
Ni sur son dos
Ni sur la neige
Qui pousse au fond de l'océan
















irrecuperable

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