Qui de rien se mêle de rien se démêle ....

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Qui de rien se mêle de rien se démêle ....

Message  Invité le Lun 19 Aoû 2013 - 13:40

connaîtrePersonnalité
Comportement
Emotions
Estime de soi
Bonheur

Ils ne peuvent s’empêcher de s’occuper des affaires des autres. Et ont toujours un point de vue sur ce qui ne les regarde pas. Avec leur famille, leurs amis, leurs collègues… Pourquoi, à trop donner leur avis, se rendent-ils aussi insupportables ?

Ségolène Barbé

Sommaire
Pourquoi ?
Que faire ?
Conseils à l'entourage
Témoignage
.
Pourquoi ?


Quitte-le, il n’est pas fait pour toi, « Tu cèdes trop à tes enfants ! » Qui n’a pas eu droit à ces remarques de la part de personnes qui nous veulent du bien ? Bienveillants, certes, ils le sont. Mais à trop vouloir en faire, ces "bons conseilleurs" finissent par adopter une attitude intrusive.

Porter un masque
« Je suis partie en vacances avec ma belle-sœur, c’était insupportable, raconte Adeline, 34 ans. Elle émettait des jugements sur mes relations sentimentales, décidait à la place de mes parents – qui nous recevaient ! –, de la composition des menus, expliquait à mes frères comment élever leurs enfants… Sur n’importe quel sujet, elle est persuadée de détenir la vérité. » Asséner des leçons en permanence, brandir en toutes circonstances des certitudes inoxydables… sont des façons d’éviter une vraie rencontre avec l’autre, celle où l’on est amené à s’interroger sur soi. Il s’agit d’un stratagème inconscient pour fuir ses émotions et refuser toute introspection.
« On est alors dans l’incapacité de vivre une relation d’intimité, puisque l’on s’interdit de parler de soi. Parler de la vie des autres est une façon de se cacher. On porte un masque en permanence », explique le thérapeute familial Eric Trappeniers, auteur de “S’épanouir en couple et en famille” (écrit avec Alain Boyer, InterEditions, 2003). Refusant de s’intéresser à eux-mêmes, certains se retrouvent à vampiriser les autres, vivant ainsi "par procuration".

Se “soigner” à travers les autres
Apparemment très sûr de lui, celui qui se mêle de tout souffre en réalité d’un manque d’estime de soi qu’il cherche à "soigner" à travers les autres. « Pour mes amis, mes collègues, ma famille, je suis celle à qui l’on raconte, à qui l’on demande son avis, explique Aurélia, 24 ans. Du coup, je pose des questions, je donne des conseils… Cette sensation d’être utile à leur équilibre me réconforte. En fait, pour que l’on m’aime, j’ai l’impression de devoir en permanence prouver quelque chose. »

« En voulant se rendre indispensable à l’autre, ces personnes cherchent à combler un narcissisme défaillant », analyse Gérard Poussin, psychologue et auteur de “Rompre ces liens qui nous étouffent” (Editions de la Martinière, 2001). Ne parvenant pas à s’aimer, on cherche à se valoriser à travers l’image que nous renvoient les autres et le pouvoir qu’ils nous reconnaissent. Attitude risquée, d’autant que les "bénéficiaires" de cette aide, souvent irrités par cette attitude intrusive, se montrent rarement reconnaissants.

Devenir le “sauveteur”
« J’ai une très bonne amie qui passe son temps à se mêler de ma vie. Quand j’ai des problèmes avec mon compagnon, elle me propose de l’appeler pour nous aider à les résoudre… Du coup, je suis obligée de mettre des limites en permanence », raconte Juliette, 29 ans. Certains s’enferment ainsi dans ce que l’on nomme en psychologie un rôle de "sauveteur" : ils ne peuvent supporter la détresse d’un proche et se sentent coupables de ne pouvoir l’aider, même lorsque celui-ci ne leur a rien demandé. Cette culpabilité peut provenir de leur sentiment inconscient d’être indigne d’exister.

« C’est aussi une façon de mettre l’autre dans une position infantile, explique Eric Trappeniers. Souvent, les sauveteurs ont été amenés, lorsqu’ils étaient très jeunes, à régler des problèmes d’adulte ; ce n’étaient pas les leurs. Ils reproduisent plus tard ce même schéma avec leurs proches. » Le sauveteur considère la personne en face de lui comme incapable de se prendre en charge. Au point de décider de ce qui est bon pour elle.

Que faire ?


A lire
Vaincre la codépendance de Melody Beattie.
Un guide indispensable pour recouvrer la liberté et s’affranchir des problèmes des autres (Sciences et Culture, 1999).

Comment gérer les personnalités difficiles de Christophe André et François Lelord.
L’anxieux, le paranoïaque, l’obsessionnel… Des conseils pour mieux comprendre un entourage difficile (Odile Jacob, 2000).

Revenir à soi
Si votre intérêt pour la vie des autres commence à se retourner contre vous, posez-vous certaines questions : ai-je dû régler des problèmes d’adulte lorsque j’étais enfant ? Quel bénéfice inconscient est-ce que je retire en me plongeant dans la vie d’autrui ? Avant de "prendre soin" des autres, mieux vaut se remettre en question et s’occuper de soi. Comment ? En s’astreignant à des exercices simples : tenir un journal intime, dessiner, méditer… Et en se préservant des moments de détente et de calme à partager… avec soi-même.

Aider sans forcément intervenir
Personne n’a vocation à sauver le monde. Il est donc utile de distinguer le rôle "d’aidant" de celui de "sauveteur". Etre là pour les autres suppose une écoute attentive, une disponibilité et, éventuellement, des conseils et une aide plus concrète, seulement si l’on vous en a fait la demande.

Faire crédit aux autres
Cesser d’avoir un comportement intrusif demande d’accepter l’autre dans sa différence, d’essayer de comprendre ses besoins sans toujours tout ramener à sa propre expérience. On peut aussi lui faire crédit sans l’infantiliser : il est majeur et doit apprendre à régler ses problèmes lui-même.

S’engager
Si vous n’arrivez pas à vous intéresser à vous-même, faites de votre intérêt pour les autres un moteur. S’engager pour les plus démunis, aider des jeunes en difficulté scolaire ou des personnes âgées isolées… Autant de moyens d’intervenir d’une manière beaucoup plus constructive et épanouissante.

Conseils à l'entourage

Les personnes intrusives n’ont, en général, pas conscience de leur comportement. Elles sont convaincues d’avoir du cœur et de veiller au mieux sur leurs amis et leur famille… Les rejeter brutalement d’un « de quoi je me mêle ? » ne peut que les fragiliser et renforcer le peu d’estime qu’elles ont d’elles-mêmes.

Mieux vaut rester vigilant et ne pas se laisser enfermer dans une relation infantilisante. Aussi convient-il de mettre les choses au clair dès le début, tout en reconnaissant leur bienveillance : « Je t’aime beaucoup, mais c’est ma vie, pas la tienne. Je ne te demande pas de régler mes problèmes à ma place. »

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Re: Qui de rien se mêle de rien se démêle ....

Message  dominique le Lun 19 Aoû 2013 - 15:14

Je trouve intéressant tous ses sujets psycologiques.

Merci Mony.

domi.
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