Les défis posés par les troubles de l’humeur à début précoce

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Les défis posés par les troubles de l’humeur à début précoce

Message  Invité le Dim 19 Aoû - 1:55

Les troubles de l'humeur - Les défis posés par les troubles de l’humeur à début précoce

Les recherches conduites depuis plusieurs années ont permis de dresser un état des lieux de l’évolution chronique et du pronostic clinique des troubles de l’humeur.

Plusieurs constats émergent :
  • Ces troubles sont souvent récurrents et une personne ayant fait l’expérience d’un premier trouble de l’humeur voit son risque augmenter :
    - de 50% de subir un nouvel épisode dans l’année qui suit ;
    - de 90% de faire un nouvel épisode dans les cinq années suivantes
    .
  • Les individus à risque de développer une dépression ou un trouble bipolaire ont généralement un premier épisode, en fin d’adolescence ou au début de l’âge adulte (âge moyen de 21 ans). L’impact de ce premier épisode est souvent retentissant et influe considérablement sur les choix et les aspirations futurs, professionnels et personnels, du jeune adulte.
  • L’apparition précoce d’un trouble de l’humeur est un facteur de risque aggravant le développement des dépressions récurrentes ou d’un trouble bipolaire. Celui-ci est encore renforcé lorsque l’histoire familiale du patient est marquée par des troubles de l’humeur ou lorsque le patient a connu 3 épisodes avant l’âge de 25 ans.
  • Les personnes répondant aux critères ci-dessus (âge de début précoce, histoire familiale ou récurrence importante) deviennent de fréquents utilisateurs des services de psychiatrie à l’âge adulte. Elles souffrent souvent d’une grande détresse psychologique ainsi que d’une désinsertion familiale et socioprofessionnelle.
Une prise en charge inadéquate et tardive

Il a été largement prouvé qu’une prise en charge adaptée et précoce, dès l’apparition du premier épisode, améliore considérablement le pronostic (en prévenant ou retardant les rechutes) ainsi que la qualité de vie des patients.

Un diagnostic correct ainsi que la mise en œuvre d’une stratégie thérapeutique adaptée permettent aux individus de poursuivre une vie normale, d’avoir un travail et de compter parmi les forces vives d’un pays.

Mais, aujourd’hui, en Europe, le constat est accablant.
Moins de 50% des jeunes adultes souffrant d’un trouble de l’humeur accèdent aux soins suite à un premier épisode. 50% de ceux qui accèdent aux soins primaires ou secondaires ne sont pas correctement diagnostiqués et ne reçoivent pas de traitement adapté. On observe un délai important (près de 10 ans en France) entre l’apparition de la maladie et son diagnostic correct, ainsi qu’entre le diagnostic et la proposition d’un traitement adéquat.

Cette situation a des conséquences désastreuses sur le pronostic de la maladie comme sur la qualité de vie des patients chez lesquels on observe des taux élevés de chômage, de ruptures familiales, d’abus d’alcool et de tentatives de suicide.

Tout échec dans la prise en charge précoce des troubles de l’humeur grève de façon dramatique les perspectives d’avenir pour ces jeunes adultes. Ces faits appellent des réponses urgentes tant pour le bien des malades, que pour celui de leur famille et de la société toute entière.

Des conséquences humaines, sociales et économiques retentissantes

Une étude s’est intéressée à l’impact global des maladies mentales sur la productivité professionnelle à l’âge adulte : la dépression est classée au 1er rang et les troubles bipolaires au sixième rang des maladies ayant les effets les plus importants en termes de perte de productivité et de coût pour l’entreprise. Les troubles de l’humeur occasionnent la plus grosse « perte de capital humain » dans les pays industrialisés et certaines études suggèrent que leurs coûts directs et indirects dans l’économie européenne excèdent ceux du diabète.

Ces résultats indiquent que les troubles de l’humeur sont plus handicapants et plus coûteux que beaucoup des grandes maladies somatiques et même que la schizophrénie (classée au huitième rang). L’échec à traiter les individus souffrant de troubles précoces de l’humeur a plusieurs implications : non seulement ils atteignent l’âge adulte en souffrant de problèmes psychiatriques récurrents, mais ils ont également une probabilité accrue de développer des pathologies somatiques chroniques et sévères (on observe des taux élevés de diabète, d’obésité, de problèmes cardiovasculaires et de cancer chez les personnes atteintes de troubles de l’humeur par rapport à la population générale).

Au total, les personnes souffrant de troubles précoces de l’humeur sont des usagers importants des services de santé, psychiatrique comme somatique, et font partie des populations les plus à risque de retraite anticipée et de mort prématurée.

La Chaire FondaMental d'Intervention précoce sur les troubles de l'humeur (liens ci-dessous actifs sur le site)
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