Cannabis et troubles bipolaires

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Message  Invité le Mar 14 Aoû 2012 - 16:39

Cannabis et troubles bipolaires   Logo-Radiate-Green Union Francophone pour les Cannabinoïdes en Médecine.
http://www.ufcmed.org/

Cannabis, Psychoses affectives et dépressions endogènes et troubles bipolaires

extrait de l'article http://www.ufcmed.org/applications-medicales-cannabis/cannabis-psychoses-affectives-depressions-endogenes-troubles-bipolaires/
.../...
Dans le groupe des psychoses affectives figurent également les dépressions endogènes ainsi que les troubles maniaco-dépressifs ou bipolaires.

Contrairement à la dépression réactionnelle, la dépression endogène n’est pas liée à une cause réellement perceptible. Elle se développe pour ainsi dire à l’intérieur et agit considérablement sur les sentiments, la façon de penser et le comportement du patient.
Les symptômes de cette dépression englobent entre autres la perte de centres d’intérêt, de joie de vivre et de l’appétit ainsi que la tristesse, le sentiment de culpabilité, le manque de concentration, l’état d’abattement profond, la fatigue chronique et l’insomnie.
Il n’est pas rare que des troubles physiques, comme des céphalées ou des troubles digestifs, s’ajoutent à cette liste.
À ce sujet, certains patients ont témoigné d’effets bénéfiques du cannabis.

Cependant, les bénéfices thérapeutiques potentiels des produits à base de cannabis dans le traitement des dépressions endogènes sont difficiles à évaluer à ce jour à cause du manque de résultats issus de la recherche médicale.

Dans le cas des troubles bipolaires, de nombreuses personnes ont également rapporté des bienfaits thérapeutiques grâce au cannabis.
La psychose bipolaire, également appelée psychose maniaco-dépressive ou dépression maniaque, se caractérise par des phases de dépression endogène qui alternent avec des phases maniaques. Celles-ci sont accompagnées d’euphorie, d’idées extraordinaires, de sentiments d’invincibilité, d’hyper-activité, de manque de concentration et de pensées et paroles précipitées.

Une publication scientifique de 1998 a présenté de nombreux cas, qui, grâce au cannabis, ont réussi à traiter soit leurs manies, soit leur état dépressif, voire les deux à la fois (Grinspoon, 1998). Certains patients ont utilisé du cannabis en combinaison avec du lithium, médicament commun dans les traitements des troubles bipolaires. Ils ont ainsi réussi à réduire le dosage de lithium ou à atténuer les effets secondaires de celui-ci.

Une vaste étude portant sur 3459 patients souffrant de bipolarité a été mené sur les effets du cannabis sur l’évolution des troubles. Après 12 mois de traitement, les consommateurs de cannabis ont présenté plus de complaisance et une sévérité accrue des troubles, manies et psychoses que les non consommateurs (Van Rossum, 2009). .../...

posts connexes

http://bipolairemd2008.forum-actif.eu/t4862-classement-par-dangerosite-des-drogues#77284
http://bipolairemd2008.forum-actif.eu/t4862-classement-par-dangerosite-des-drogues#77857
http://bipolairemd2008.forum-actif.eu/t4862-classement-par-dangerosite-des-drogues#79357

Bonjour,

Cet article est listé dans les résultats d'une recherche que j'ai amorcée sur le cannabis et les troubles bipolaires suite au récent témoignage d'un nouveau membre
Arrow http://www.google.fr/#hl=fr&gs_nf=1&cp=26&gs_id=3a&xhr=t&q=%C3%A9tudes+cannabis+bipolaires&pf=p&sclient=psy-ab&oq=%C3%A9tudes+cannabis+bipolaires&gs_l=&pbx=1&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_qf.&fp=20573337932abd9a&biw=1440&bih=809


Dernière édition par kairos le Mer 15 Aoû 2012 - 5:56, édité 3 fois

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Message  Invité le Mar 14 Aoû 2012 - 20:46

Décidément cela va devenir comme bababipo je crois.

J'ai compris qu'à Griploser et à Kairos il leur tient à coeur que les
bipolaires se soignent avec des médicaments dérivés du cannabis ou en fumant des joints.

Ils sont libres de le faire eux mêmes si cela leur convient.

Moi personnellement je suis au pied de la lettre les conseils de mon psychiatre qui m'a si bien soigné
et qui est un Professeur avec spécialité en Bipolarité, et je ne le ferai jamais.

Big Planet

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Message  Invité le Mar 14 Aoû 2012 - 20:53

Je n'ai jamais fumé de cannabis ni de cigarettes d'ailleurs et ce n'est pas à mon âge que je vais commencer .
Pour moi c'est de la m e r d e et c'est tout . affraid avec des effets désastreux à la clef affraid

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Message  CATH44 le Mar 14 Aoû 2012 - 21:14

bonsoir

ben moi j'ai fait une bouffée délirante a cause de cela. Donc je sais que certaines personnes ne peuvent pas fumer.

Bise

CATH44

Féminin Nombre de messages : 68
Type troubles : schizo-affectif et j'ai fait une bouffée délirante
Emploi / Statut : invalide 2ème catégorie
Date d'inscription : 25/07/2012

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Message  Invité le Mar 14 Aoû 2012 - 21:16


Je rejoins Mireille et Maria .
De lire de telles énormités m'horripile .
Il n'y a qu'à lire les faits divers , les 3/4 d'entre eux sont commis sous l'emprise de drogues et bien souvent de cannabis et , le pire , c'est que le lendemain "ils " ne se souviennent même plus de leurs méfaits affraid affraid affraid

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Message  Invité le Mer 15 Aoû 2012 - 22:02

J'ai consommé du shit quand j'avais 18 ans, pour tester avec des copains.
J'entendais mieux la musique, mais ça me portait sur l'estomac, à me rendre malade.
Résultat : j'ai laissé tomber.

Je connais des personnes qui en consomment régulièrement et sans problème apparent.

Bises et amitiés. sunny albino

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Message  Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 4:12

jbdc a écrit:Il n'y a qu'à lire les faits divers , les 3/4 d'entre eux sont commis sous l'emprise de drogues et bien souvent de cannabis et , le pire , c'est que le lendemain "ils " ne se souviennent même plus de leurs méfaits affraid affraid affraid

Laughing Laughing Laughing ok

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Message  Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 10:34

Bonjour à tous !
Une vaste étude portant sur 3459 patients souffrant de bipolarité a été mené sur les effets du cannabis sur l’évolution des troubles. Après 12 mois de traitement, les consommateurs de cannabis ont présenté plus de complaisance et une sévérité accrue des troubles, manies et psychoses que les non consommateurs (Van Rossum, 2009). .../...
Pour moi, cannabis ou herbe ne sont pas compatibles avec un trouble bipolaire.

J'en consomme moi-même de manière plus qu'occasionnelle dans des conditions de sécurité maximum.
Je ne toucherai jamais à rien d'autre.

Je vais juste décrire ce qui m'est arrivée l'avant-dernière fois que j'ai consommé de l'herbe. J'ai eu des cycles ultra rapide : euphorie totale suivie d'une profonde tristesse avec envie de mourir. Puis calme plat et endormissement. Ces cycles ont à peine duré 20 à 30 mn.

Ma dernière consommation s'est mieux passée : euphorie et bien-être sans le revers de la médaille.

Mais voila, l'herbe a simplement activé le trouble bipolaire et annihilé les effets du traitement (un bon traitement qui me convient).

Donc pour moi, trouble bipolaire et drogues, même douces, c'est non.
Non pour la légalisation de l'herbe et du cannabis pour les dépressions, même endogènes. Il y a des anti-dépresseurs pour cela. Il convient de trouver la bonne molécule, le bon dosage ou encore les bonnes associations de différentes molécules. Je sais, ça peut être très, très long.

Quant à la légalisation de l'herbe et du cannabis pour soulager les grandes souffrances physiques (cancéreux ou sidaîques en stade terminal - ce sont des exemples qui me viennent à l'esprit - etc.), je suis d'accord, à condition que cela soit fait de manière complètement réglementée et qu'il a été établi que la médecine ne pouvait plus rien proposer d'autre pour venir à bout de ces souffrances physiques.

Dans tous les autres cas, pour moi, c'est non : il ne faut pas légaliser ou banaliser la prise de stupéfiants.


Bises




Dernière édition par Lilly blue le Jeu 16 Aoû 2012 - 11:14, édité 1 fois

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Message  Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 10:58

Bonjour,

Merci de vos réponses. Sans partialité, je continue mes recherches sur la Toile. Là, j'ai mis le titre comme mot-clé. Parmi les 1ers résultats :


Réponses d'experts / Troubles bipolaires
Diagnostic | Traitement et médication

Quelle est la relation entre la consommation de marijuana et les troubles bipolaires?

La marijuana peut provoquer anxiété et dépression, mais le sevrage aussi.
L’autre mauvais côté de la marijuana est qu’elle peut agir comme un déclencheur chez les personnes plus susceptibles de développer une psychose.
Enfin , un autre problème est que les gens pensent souvent que la marijuana qu’ils consomment est de qualité. Mais ils en supportent mal les effets, se rendent aux urgences, effectuent un examen d’urine et trouvent du PCP (ou poussière d’ange) dans leur système. Cette drogue peut déclencher de nombreuses hallucinations. La marijuana est également mélangée à des amphétamines, de la cocaïne et toute sorte de choses.

Il est compliqué de répondre à cette question.
La marijuana peut-elle déclencher un épisode de trouble bipolaire chez une personne qui y est prédisposée pour des raisons génétiques, etc.?
Il ne fait aucun doute qu’elle serait un facteur déclencheur.

Il existe un autre facteur, un facteur environnemental, qui accélèrerait le processus.
En fait, nos gènes interagissent avec l’environnement. Si l’un de ces gènes vous prédisposent au développement des troubles bipolaires mais que vous faites très attention pour contrôler votre niveau de stress, que vous vous assurez de bien dormir la nuit, que vous avez un mode de vie normal, etc., que vous évitez de consommer de la drogue, il est possible que vous ne développiez jamais ces troubles.

Ces connaissances sont issues de la recherche sur le cancer du côlon.
Si l’un de vos gènes vous prédispose au cancer, mais que vous disposez d’un bon environnement et d’un bon régime, vous ne développerez probablement pas de cancer.
Si deux de vos gènes vous prédisposent au cancer du côlon, mais que vous êtes suffisamment prudents, vous développerez peut-être des polypes, lesquelles peuvent être dépistées et éliminées si vous effectuez une colonoscopie chaque année. Vous aurez suffisamment de chance pour que tout aille pour le mieux. Mais si vous avez une mauvaise alimentation et que vous ne consommez pas assez de fibres, vous finirez par développer un cancer du côlon.
Enfin, si vous avez les trois gènes de prédisposition au cancer du côlon, quoi que vous fassiez, vous ne pourrez malheureusement pas l’éviter.

Ce type d’interactions entre la génétique et l’environnement sont traitées par la médecine en général et pas seulement en psychiatrie. Tel est l’état de nos connaissances à ce jour.

-Serge Beaulieu, Ph.D., École Mini-Psy, 2009
Cannabis et troubles bipolaires   Douglas http://www.douglas.qc.ca/expert_advices?category_id=17

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Message  Invité le Jeu 16 Aoû 2012 - 11:13

Voici un lien:

http://www.maison-facile.com/013article_rubrique.asp?num=1320&page=2

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Message  Invité le Sam 1 Sep 2012 - 2:15

Mardi 28 Août 2012

Cannabis et troubles bipolaires   M_cannabis-1 Fumer du cannabis régulièrement endommage le cerveau

Fumer régulièrement du cannabis depuis l'adolescence endommagerait le cerveau.

Une nouvelle recherche effectuée sur plus de 1000 Néo-Zélandais, a observé l'impact d'une consommation régulière de cannabis sur le quotient intellectuel pendant une période de 25 ans. Les participants ont pu être divisés en plusieurs groupes : les consommateurs réguliers et diagnostiqués dépendants, les consommateurs réguliers non diagnostiqués, les consommateurs réguliers ayant connu plusieurs diagnostics de dépendance et les non consommateurs.

Les résultats de l'étude montrent qu'à l'âge de 38 ans le quotient intellectuel des personnes qui ont fumé du cannabis régulièrement est significativement plus faible qu'il ne l'était à l'âge de 18 ans. A l'inverse dans le groupe des non consommateurs le quotient intellectuel a légèrement augmenté. De plus les consommateurs de marijuana ont aussi montré de plus faibles capacités de mémoire, de concentration et de vivacité d'esprit.

En revanche, les fumeurs qui ont commencé à l'âge adulte ne souffraient pas d'une telle diminution du quotient intellectuel. Le Dr Meier explique : "L'adolescence est une période très sensible du développement du cerveau. En utilisant des substances agissant directement sur le mental, les jeunes peuvent perturber le processus cérébral normal".

L'étude ne détermine pas si un arrêt précoce du cannabis permet d'empêcher cette détérioration intellectuelle. - Jacques Robert

Référence
Meier M, et al. Persistent cannabis users show neuropsychological decline from childhood to midlife. Proc Natl Acad Sci USA 2012; DOI: 10.1073/pnas.1206820109.

lanutrition.fr
bon à manger • bon à savoir

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Message  Invité le Dim 2 Sep 2012 - 5:00

© www.jim.fr
01/09/2012

Cannabis et troubles bipolaires   Carac_photo_1 Cannabis : peut-on envisager une dépénalisation ?
Quatre questions au professeur Michel Reynaud


Paris, le samedi 1er septembre 2012 – Le débat autour de la dépénalisation du cannabis fut brûlant avant l’été : déclarations à l’emporte-pièce, prises de position tranchées parfois teintées d’idéologie et argumentations (dans un sens ou dans l’autre) plus étayées se sont succédées. Le JIM a tenté d’apporter son propre éclairage sur le sujet en continuant à commenter les résultats d’études épidémiologiques menées dans ce domaine, en évoquant les propositions des uns et des autres, mais également en donnant la parole à de véritables spécialistes des addictions. Le professeur Jean Costentin avait ainsi évoqué dans ces colonnes la dangerosité du THC, élément devant indiscutablement selon lui repousser toute velléité de dépénalisation. Aujourd’hui, un point de vue et une approche très différents nous sont offerts à travers l’interview que nous a accordée le professeur Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital universitaire Paul Brousse, président du Collège universitaire national des enseignants d'addictologie. Sans occulter les méfaits du cannabis chez certains consommateurs, il revient entre autres sur les possibles conséquences positives d’une dépénalisation du cannabis notamment en terme d’accès aux soins. Cependant, il demeure convaincu que la société n’est aujourd’hui pas prête à s’orienter dans une telle voie et qu’un grand travail de préparation serait nécessaire, notamment pour qu’émerge une meilleure connaissance de la dangerosité des drogues licites et illicites, connaissance qui apparaît aujourd’hui totalement faussée.

JIM : Selon vous, quelles seraient les conséquences positives ou négatives en terme de santé publique d’une dépénalisation du cannabis ?


Professeur Michel Reynaud : En terme de santé publique, je pense que personne ne peut le dire, car on ne sait pas ce que serait la consommation si le produit était dépénalisé et régulé. Car il ne s’agirait pas d’avoir une dépénalisation avec une vente en grand magasin, mais bien plutôt un contrôle d’état sur la qualité du produit (et notamment la quantité de THC). Par ailleurs, cette dépénalisation devrait s’accompagner de toute une série d’interdits qui devraient être au minimum les mêmes que ceux qui s’imposent concernant l’alcool (interdiction aux moins de 18 ans, prohibition de la consommation au volant, etc). Il y aurait donc à penser tout ça, mais on ne sait pas quel impact cela aurait sur le niveau de consommation. Les conséquences seraient essentiellement en terme de sécurité publique et d’accès aux soins.

Conséquence indirecte : rappeler la vraie dangerosité du tabac et de l’alcool

Concernant l’accès aux soins, l’interdit, les interpellations et les incarcérations liés à l’usage, voire à l’usage-revente, mettent en difficulté sociale et ne facilitent pas l’accès aux soins. Par ailleurs, l’interdit comme l’a montré une étude que nous avons faite sur la représentation sociale entraîne une surévaluation (par rapport à celle des experts) de la dangerosité du produit. Une enquête française a été réalisée sur le sujet, mais des experts internationaux s’y sont également attelés dont les résultats ont été publiés dans le Lancet, et ces conclusions viennent d’ailleurs d’être reprises dans Addictions, tandis que les travaux Français avaient eux aussi étaient publiés dans Addictions. Ces différentes études confirment tout d’abord que la classification de la dangerosité des produits est la même chez tous les experts. Les consommateurs, pour leur part, présentent une classification semblable à celle des experts. A contrario, en population générale, la dangerosité des produits illicites est très nettement surévaluée, de l’ordre de 30 à 50 %. C'est-à-dire que de fait on aboutit à une sous évaluation de la dangerosité des drogues légales et notamment de l’alcool. La communication actuelle tellement concentrée sur le danger des produits illicites tend en effet à créer une fausse perception de produits bien plus dangereux, que sont l’alcool et le tabac. Aussi, en terme de conséquences pour la santé publique, peut-être peut-on imaginer l’émergence d’une perception plus juste de la dangerosité relative de l’alcool et du tabac.

Pas d'augmentation de la fréquence des schizophrénies depuis 15 ans malgré une consommation multipliée par 3

Concernant la question de la sécurité publique, nous sommes moins compétents et c’est plutôt un débat à avoir avec les experts de la sécurité publique. Peut-on interrompre les réseaux mafieux, est-ce que cela assécherait l’économie parallèle ? La question reste posée. Il est par ailleurs certain que la loi pénalisant l’usage du cannabis n’a nullement empêché la progression de la consommation. Le fait d’avoir intensifié la pénalisation depuis 2007 n’a pas empêché au contraire l’augmentation des consommations chez les jeunes. Il y a enfin des travaux menés dans différents pays qui montrent qu’il n’y a pas de lien entre la sévérité de la loi et les quantités consommées.

JIM : Dans votre pratique clinique, avez-vous eu l’expérience de troubles psychiques associés à la consommation de cannabis ?

Professeur Michel Reynaud :
Oui, très clairement. Ca aggrave la schizophrénie. Après, il y a des discussions d’experts qui vont vers une augmentation du risque d’apparition de la schizophrénie, mais il s’agit d’une augmentation modérée qui est du même ordre que celle associée au fait d’avoir des familles problématiques. Cependant, alors que la consommation de cannabis a triplé ces quinze dernières années partout dans le monde, on n’a pas assisté parallèlement à une augmentation du nombre de schizophrènes.

Maladies cardiovasculaires, risques pulmonaires, troubles dépressifs…

Ceci étant dit, nous pouvons rappeler rapidement les dangers sur la santé du cannabis, qui sont bien connus. Les plus fréquents sont les troubles motivationnels et d’intégration sociale par un ralentissement et désintérêt psychiques, ce qui entraîne des difficultés d’intégration scolaire, professionnelle et universitaire. Après, nous l’avons déjà évoqué, il y a une augmentation du risque de schizophrénie chez des sujets ayant une vulnérabilité préexistante. Il y a les risques cardiovasculaires, les risques pulmonaires, et d’autre part les troubles anxieux et dépressifs. L’accidentalité routière enfin est équivalente à celle de l’alcoolémie légale.

JIM : Quel est votre regard sur les proposition intermédiaires qui entre le tout répression et la totale libéralisation visent par exemple à transformer le délit pénal actuel en contravention tout en continuant à condamner le trafic ?

Professeur Michel Reynaud :
Je pense que le choix sociétal doit se faire entre contravention et régulation. Mais la société n’en est absolument pas là. Les travaux réalisés sur la représentation des produits montrent encore à quel la point la population non consommatrice a une très grande crainte de ces produits et s’engager sans une explication sociale, sans de longues discussions parlementaires et médiatiques, c’est la certitude d’un échec. Aujourd’hui, les journalistes ne veulent savoir qu’une chose, savoir si l’on est pour ou contre la dépénalisation, or à l’heure actuelle, on ne peut être que contre. Tant qu’il n’y aura pas eu de changement des représentations, ce n’est pas la peine de contraindre une société.

JIM : Quelles sont aujourd’hui les méthodes de prise en charge proposées ?

Professeur Michel Reynaud :
Il existe de nombreuses méthodes, qui sont des stratégies psychothérapeutiques assez classiques de traitement des addictions, basée sur des évaluations de consommation, avec des objectifs de diminution. Chez les jeunes, accueillis notamment dans les consultations jeunes consommateurs, parfaitement habituées à ce type de prise en charge, il faut pratiquement toujours faire parallèlement un travail familial.

Des pistes thérapeutiques intéressantes

Se pose également la question des traitements de substitution, mais nous n’en sommes pas là. Enfin, j’attire votre attention sur un papier intéressant qui vient de sortir sur la N-acétylcystéine (Mucomyst), déjà utilisée dans la cocaïne et qui montre avec un odd ratio de plus de 2, entre 27 et 40 % d’abstinence à huit semaines chez les patients traités par N-acétylcystéine. Il y a donc quelques pistes thérapeutiques mais qui sont rendues très difficiles, car dans la mesure où lorsqu'un produit est interdit, il est difficile de faire des essais !

Aujourd’hui, l’un des enjeux est le repérage des jeunes consommateurs, en intervenant au plus près des communautés de jeunes, sachant qu’il s’agit souvent de consommateurs à problèmes, avec des polyconsommations (comprenant notamment l’alcool).

Interview réalisée par Aurélie Haroche (les intertitres sont de la rédaction).

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