Prématurité et troubles psychiatriques : à la recherche d’un lien

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Prématurité et troubles psychiatriques : à la recherche d’un lien

Message  Invité le Mar 14 Aoû - 5:45

Prématurité et troubles psychiatriques : à la recherche d’un lien

Publié le 07/08/2012 - Susceptibles d’entraîner une souffrance fœtale néonatale, la prématurité, le retard de croissance intra-utérin et l’hypoxie associée à la naissance (surtout en cas d’accouchement difficile ou prolongé) sont déjà considérés comme des facteurs de risque pour la schizophrénie.
Mais on ignore encore si ces mêmes facteurs sont incriminés aussi dans le déterminisme d’autres troubles psychiatriques.
Pour éclaircir cette éventuelle association, une étude épidémiologique (britannique et suédoise) a exploité le registre des naissances survenues en Suède entre 1973 et 1985.
Les diagnostics psychiatriques retenus concernent les « psychoses non affectives », les troubles dépressifs ou bipolaires, les troubles des conduites alimentaires, les addictions à l’alcool ou à d’autres substances.

Les auteurs constatent qu’une naissance prématurée est associée de façon significative à une augmentation du risque d’hospitalisation en psychiatrie après l’âge de 16 ans.
Comparativement aux sujets nés entre 37 et 41 semaines de grossesse, ceux nés entre 32 et 36 semaines ont en effet des probabilités accrues de diagnostics psychiatriques, puisqu’on remarque une multiplication par 1,6 du risque de psychose non affective [intervalle de confiance à 95 % (IC95) de 1,1 à 2,3] ; par 1,3 du risque de trouble dépressif [IC95 de 1,1 à 1,7] et par 2,7 du risque de trouble bipolaire [IC95 de 1,6 à 4,5].

Cette association statistique est encore plus forte en cas de prématurité très importante, car les sujets nés avant 32 semaines de grossesse ont un risque de psychose non affective multiplié par 2,5 [IC95 de 1,0 à 6,0] ; un risque de trouble dépressif multiplié par 2,9 [IC95 de 1,8 à 4,6] ; et un risque de trouble bipolaire multiplié par 7,4 [IC95 de 2,7 à 20,6].

Mais les raisons précises de ces associations demeurent encore méconnues.
Si la souffrance ou l’immaturité neuronale précoce jouent vraisemblablement un rôle dans ces majorations significatives des risques de vulnérabilité psychiatrique ultérieure, elles ne semblent pourtant pas tout expliquer, dans la mesure où ces mêmes associations ne sont pas retrouvées, précisent les auteurs, pour d’autres critères apparemment analogues de contexte organique, comme un faible score d’Apgar et une « croissance fœtale non optimale. » - Dr Alain Cohen

Nosarti C : Preterm birth and psychiatric disorders in young adult life. Arch Gen Psychiatry 2012 ; 69 (6) : 610-617.


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