thérapie familiale et bipolarité, l'importance de l'écoute en phase maniaque

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thérapie familiale et bipolarité, l'importance de l'écoute en phase maniaque

Message  chispa le Mer 14 Sep 2011 - 13:02

Pour passer un exament d'entrée pour une formation en tant qu'intervenant en thérapie familiale je lis "la compétence des familles". de Guy Ausloos. Arrow http://www.psychoworld.fr/rencontre-avec-guy-ausloos/

Concernant le trouble bipolaire je suis tombés sur ceci

(réflexions de l'auteur sur la construction d'un symptôme)
Elise est une jeune femme de trente cinq ans, secrétaire de direction dans une école. Elle est hospitalisée en psychiatrie en état maniaque après avoir été trouvée dans la chambre d'un motel, dont elle avait ouvert tous les robinets. Lorsqu'on l'interroge sur ce qu'elle faisait dans le motel, elle dit dans un grand éclat de rire, qu'elle faisait de l'autothérapie, et que donc le motel était une bonne place pour faire cela. Une fois hospitalisée, elle a le comportement habituellement désinhibé des patients maniaques et dans son discours logorrhéiques revient très souvent le fait que son mari n'est pas un homme, qu'elle croit qu'il est homosexuel, qu'il n'a pas eu de relation avec elle depuis des années et qu'elle a envie de vivre sa vie. Quand on rencontre le mari, il confirme le peu de relations sexuelles dans le couple et présente sa femme comme une femme-enfant, qui venait se blottir sur ses genoux, même en présence d'amis, et qui fréquemment passait ainsi la soirée en suçant son pouce. Ceci l'a amené à prendre la responsabilité de la vie familiale,à faire la cuisine, à s'occuper d'élever leur fillette âgée actuellement de onze ans. Comme sa femme n'en est pas à son premier épisode maniaque, il a décidé de divorcer.

Quand on connaît mieux l'histoire d'Elise, on apprend qu'elle est la fille d'un couple séparé dont la mère était dépressive et le père alcoolique, qu'elle a toujours du se débrouiller toute seule et qu'elle est arrivée à force de travail à ce poste de secrétaire de direction. Quand elle s'est mariée, progressivement son mari s'est proposé de faire de lus en plus les tâches du ménage qu'elle lui a abandonnées volontiers. C'est ainsi qu'elle en est arrivée à être une jeune femme brillante et dynamique dans son travail tout en jouant la petite fille gâtée dans sa vie familiale et conjugale. Jamais cependant elle se plaignait de cet état de chose sauf en phase maniaque.

Depuis quelques années j'ai pu constater à de nombreuses reprises que les patients maniaco dépressifs disent avec emphase en manie ce qu'ils ne s'autorisent pas à dire en phase normale et dont ils se culpabilisent en phase dépressive (Ausloos 1985) La encore des comportements aléatoires de jeux infantiles qui se retrouvent dans tous les couples ont été sélectionnés par les deux partenaires, et ont par la suite été amplifiés pour arriver à une situation où seul un symptôme aussi destructif qu'une crise de manie permet que l'on parle du problème. Malheureusement, personne ne prête attention à ce discours que l'on dit fou et qui en a l'air et la dépression qui s'ensuit avec le retour au silence.
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Re: thérapie familiale et bipolarité, l'importance de l'écoute en phase maniaque

Message  chispa le Mer 14 Sep 2011 - 13:13

l'auteur continue a décrire comment le symptôme devient fonction

Pour le mari d'Elise, on a découvert qu'il était suicidaire quand il a rencontré sa femme. Rien d'autres est dit quant à la suite de la thérapie et de leur situation, mais tout le livre (comme indiqué dans l'article en lien) estime que le système qui a créé le symptôme, les crises bipolaires d'Elise, est aussi capable de trouver le moyen de les résoudre. (système = famille, mari, enfant, soignants etc ) Le thérapeute n'est pas celui qui donne la réponse, ni dit comment faire, il active simplement le processus.
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Re: thérapie familiale et bipolarité, l'importance de l'écoute en phase maniaque

Message  dominique le Mer 14 Sep 2011 - 22:07

je trouve ça très intéressant chispa. Y-a pas besoin d'avoir des parents alcooliques ou dépressives, pour se sentir seule en tant que jeune enfant. On peut aussi avoir des parents qui pensent qu'à leur boulot; y-a rien de mal à ça, c'est même très bien, seulement quand en plus, il n'y a pas de nourice, ce qui à une époque ne se faisait pas trop, et aussi des parents qui n'y tiennent pas de par le coup que ça représente. A certaines époques il existait des adultes qui démaraient leur vie avec pas un sous, tout à construire, bien sur, si tu bosses d'arrache pied, tu peux réussir. Mais l'enfant lui, si on y fait que peu attention, il se débrouille par lui même. Et y-a aussi des parents qui passent leur temps à se diviser, mal se comprendre par la surcharge de boulot, et voir c'est deux parents ne pas fonctionner dans le même sens de compréhension, on a des ages, que l'on souvient de choses qui marquent. Le temps passée au boulot des parents, peut aussi provoquer un manque d'intérêt de l'enfant. On te laisse de coté, car y-a pas le temps de s'occuper de toi, on te dit: "mais, occupe toi toute seule!!". On te propose même pas de partager les taches en grandissant, pour peu que une mère ne fasse confiance qu'à elle même, on ne te délégue aucune responsabillité, on te croit trop petit pour savoir faire, on te sous-estime. On te croit très petite pour ceci trop petite pour cela.

Faut en fin de compte claquer la porte un jour, avec sa valise sous la main, et tu pars, sans savoir ou tu vas attérir. Tu réagis avec impulsions. Ce n'était pas la faute de la pathologie des réactions comme ça. La pathologie elle a des fois bon dos. On en fait des caisse. C'est aussi parfois, l'angoisse d'une mère qui perturbe de gandir comme mademoiselle tout le monde. L'angoisse d'une mère peut avoir des conséquences de sur-protection. La sur-protection c'est la meilleure des choses pour fouttre la vie en l'air de son gamin.

Après, c'est un mari que tu finis par rencontrer qui te dit que ton problème il est éducatif et psycologique.
La pathologie est une chose, mais le vécu de la vie de famille compte beaucoup pour la construction d'un enfant.

Pas étonnant que les psys s'intéresse aux années les plus anciennes de notre passé. Tout se joue dans ces époques là, pour la construction de l'enfant, pour son psychique, et son évolution.

La construction des enfants se jouent dans chaque famille, malade ou pas. Mais, y-a aussi les parents qui peuvent être affectés de par leur passé. Il est évident que si les parents ont leur soucis de leur passé, vaut mieux avoir des parents solide moralement, pas sensible. Solide psychiquement aussi.

Et en même temps, en vieillissant, on les recherche les parents si c'est pas trop tard de réparer les dégats. Bref, y-a des problèmes pour tous. Pas besoin d'avoir une pathologie pour avoir une vie cahotique.

Sans doute que la pathologie amène à la sur-protection, mais tout parent ne réagissent pas de cette façon. Vaut mieux avoir des parents solides avec des enfants avec pathologie.

La démolition de la personnalité entraine bien des dégats. Quand on peut s'en redresser au mieux c'est une grande chose, mais ça se fait par un traitement psycologique. On se rend pas compte quand on prend bien son traitement que c'est le traitement qui règle la colère, il suffirait juste de l'arrêter pour s'apercevoir que on redevient révoltée; et là, on te dit que tu es folle. On te fait porter le chapeau. Vive les médicaments, et les psychiatres.

En effet, l'histoire d'un passé peut conduire à un divorce malheusement. Bises, domi;
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Message  claudy++ le Jeu 23 Fév 2012 - 12:23

que faire si je ne suis pas une maman solide :bipo: et que mes enfants malades aussi sous des formes differentes ne sont pas toujours epaules par moi;et effraye par la vision de la maladie qu ils ont vecu a travers moi, je porte une double culpablilite !celle de ne pas avoir ete une mere a la hauteur et aussi de leur avoir transmis mes mauvais genes?je suis souvent dans un tunnel qui n en finit pas
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