Coin lecture

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Re: Coin lecture

Message  mireille le Lun 21 Mai - 11:08

pas de souci Fractal ....
ce sera mieux effectivement



bises
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claudy

Message  claudy++ le Lun 21 Mai - 12:03


je viens de finir un gros pave mais passionnant:HISTOIRE DU MAL DE VIVRE!DE LA MELANCOLIE A LA DEPRESSION :de GEORGES MINOIS!le titre peut paraitre rebabatif ,mais c est passionnant!pour comprendre le traitement des bipos depuis l origine des bipos dans l ancien temps jusqu a nos jours!bonne lecture amicalement claudy flower flower flower soleil

claudy++

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cahier livres de Libé gratuit en ligne

Message  Invité le Ven 1 Juin - 7:19

Arrow http://journal.liberation.fr/publication/liberation/942/#!/1_0
cafe

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Mar 5 Juin - 6:41

C’est quoi ?

LA REVANCHE DU RAMEUR est un livre écrit par Dominique Dupagne publié le 16 février 2012 chez Michel LAFON.

En 5 mots
Comment résister au mal dominant.

En 25 mots
Une analyse critique de nos sociétés modernes ultra-hiérarchisées et obsédées par la normalisation qui détruit l’humain, suivie d’un message d’espoir fondé sur le Web 2.0.

En 50 mots
Comment sommes-nous parvenus à un tel chaos social ? La Revanche du Rameur décortique les mécanismes génétiques de la machine à broyer l’humain. Les dominants sont toujours aux commandes malgré l’extension de la démocratie et ils continuent de piller le monde. Heureusement, le web communautaire redistribue le lien social et pourrait changer la donne.

En 10 lignes
Le monde est en crise, ses valeurs aussi. Tout ce qui touche à l’humain s’effrite face à une normalisation sclérosante, à l’aliénation par la Démarche Qualité, à la corruption, aux oligarchies toutes puissantes. Le Dr Dominique Dupagne dissèque les mécanismes intimes, biologiques et primatologiques de ce désastre. C’est aussi un spécialiste du web communautaire, et il voit dans ce nouvel outil communiquant une source d’espoir pour ceux qui s’indignent à juste titre. Nos gènes ne dictent pas nos actes, mais ils nous influencent beaucoup plus que nous le pensons. Seule une prise en compte lucide de notre héritage génétique nous permettra de passer ce cap difficile. Nous entrons dans une nouvelle ère où le silicium remplacera définitivement la pierre polie : après dix mille ans de civilisations aussi primitives qu’éphémères, il est temps de sortir du néolithique.

En 15 lignes
La crise actuelle n’est pas une surprise pour ceux qui connaissent la nature humaine. Dominique Dupagne est médecin et il rencontre quotidiennement des êtres cabossés par la maladie, l’injustice ou l’aliénation sociale. Il ne s’indigne pas, il nous explique comment une lecture biologique des comportements d’homo sapiens permet de mieux comprendre une organisation sociale dont l’absurdité n’est qu’apparente : notre société fonctionne, mais au bénéfice exclusif de quelques-uns.
Quel que soit le régime politique, le mâle est génétiquement attiré par la quête du pouvoir et la constitution d’oligarchies, y compris au sein des sociétés démocratiques dites « modernes ».
Nous ne descendons pas des primates, nous sommes des primates.
Nous ne venons pas du néolithique, nous vivons toujours au néolithique.

Dominique Dupagne est également un spécialiste du Web 2.0 et il nous explique pourquoi l’ère de la pierre polie est en train de céder la place à celle du silicium. Le web communautaire constitue un véritable espoir pour échapper à la dictature des hiérarchies de pouvoir. Le “silicolithique” promet des jours meilleurs à ceux et celles qui s’uniront pour résister aux dominants égoïstes et prendre en main leur destin.

Comment en savoir plus ?
study En lisant l’avant-propos qui détaille le sujet et la démarche de l’auteur Arrow http://www.larevanchedurameur.com/
(bas de page et commentaires à droite)

grande oreille En écoutant l’émission La Tête au Carré du 16 février dédiée au livre
(à partir de 12’20″ ou seulement les extraits ici) (liens actifs sur site) http://www.larevanchedurameur.com/

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Un aspect méconnu de Bradbury

Message  Invité le Mer 6 Juin - 23:22

Un aspect méconnu de Bradbury: l'auteur des «Chroniques martiennes», qui vient de mourir à l'âge de 91 ans, avait aussi publié, en 1993, de merveilleuses chroniques irlandaises.
Mots-clés : Ray Bradbury, John Huston, décès, la Baleine de Dublin, Irlande, Chroniques martiennes


L'écrivain Ray Bradbury, ici à San Diego en juillet 2007, est mort à l'âge de 91 ans, a annoncé sa famille ce mercredi 6 juin 2012. (c) Afp

«Nous autres, Irlandais, nous n'avons jamais rien fait mais nous sommes les plus beaux parleurs qui aient jamais existé depuis les Grecs», confia un jour Oscar Wilde à son compatriote W. B. Yeats. Les plus beaux parleurs, certes, mais aussi les plus beaux chanteurs, les plus beaux buveurs, les plus beaux menteurs, les plus beaux acteurs, et l'on en passe.

Ah! non, pas facile de définir ces satanés Irlandais que Joyce qualifiait cruellement d'«esprits étranges aux enthousiasmes glacés... naïfs, puérils et satiriques», accrochés à leur île que «Dieu destine à être l'éternelle caricature du monde sérieux»... Et puisque je suis en veine de citations, en voici une dernière extraite d'une pièce de Sean O'Casey (car, vous l'avez compris, on aperçoit autant d'écrivains dans les villes d'Irlande que de trèfles dans ses champs ou de chopes de Guinness dans ses pubs): «C'est ça le peuple irlandais tout craché: ils traitent une plaisanterie comme une chose sérieuse et une chose sérieuse comme une plaisanterie.»

A la découverte de la planète verte

Dans de telles conditions, pas besoin d'être sorcier pour deviner l'effarement de Ray Bradbury, appelé là-bas en 1953 par John Huston, illustre citoyen irlandais d'adoption, pour écrire auprès de lui le scénario de «Moby Dick». Attention! Ce n'était pas n'importe qui, Bradbury. Il avait déjà publié en Amérique «Fahrenheit 451» et ses illustrissimes «Chroniques martiennes».

Mais c'est une chose de tutoyer les petits hommes verts d'une grande planète blême et une autre de comprendre les grands hommes blêmes d'une petite planète verte! Au douanier philosophe qui l'interrogeait sur les motifs de son voyage, il précisa: «Entre deux pêches à la baleine, je m'en vais observer les Irlandais.» Ce qui lui attira cette repartie immédiate: «Dieu y a perdu la vue. Tiendrez-vous plus longtemps que lui?»

La réponse à cette dernière question réside évidemment dans les quatre cents pages tonitruantes de «la Baleine de Dublin». Oui, Bradbury a «tenu» en Irlande. Au moins le temps d'écrire le scénario demandé - et ce n'était pas de tout repos! Le temps surtout d'emmagasiner des couleurs, des alcools, des choses vues et des choses rêvées, des portraits, des émotions, des réflexions et de la nostalgie pour une vie entière. Le temps en somme de nous livrer sur le tard ce livre de souvenirs saisi par une formidable ébriété narrative, une douce folie plus irlandaise que nature...

«Moby Dick», version Bradbury

Alors qu'il s'évertuait à pourchasser dans son script la baleine blanche du capitaine Achab et l'esprit d'Herman Melville, Bradbury croisait sur son chemin des barmen philosophes, des chauffeurs de taxi prudents quand ils étaient ivres et fous quand ils étaient à jeun, des lords qui ordonnaient que l'on vide les bouteilles de leurs caves sur leurs cercueils, des mendiants nains qui jouaient aux bébés souffreteux sur les bords de la Liffey, des fantômes, des chevaux et des prêtres catholiques comme s'il en pleuvait (et Dieu sait qu'il pleut beaucoup en Irlande!). Sans oublier Huston lui-même, immense, génial, épuisant, insupportable, envoûtant et même expert dans l'art d'hypnotiser ses amis.

A Bradbury en parfaite léthargie il ordonna un soir d'écrire avec «Moby Dick» le plus beau, le plus merveilleux scénario de tous les temps. A-t-il été exaucé? Hum! Je ne suis pas sûr que «Moby Dick» figure parmi ses irréfutables chefs-d'oeuvre. Mais tout de même (et merci donc aussi à John Huston!), je crois bien que «la Baleine de Dublin», cette ballade irlandaise, figure parmi les plus beaux, les plus merveilleux, les plus désinvoltes et chaleureux livres de souvenirs qui soient.


1956 - Moby Dick - John Huston par Altanisetta

«La Baleine de Dublin», par Ray Bradbury, traduit de l'américain par Hélène Collon, Denoël, 390 pages.

=> A lire Arrow Ray Bradbury a quitté la planète Terre http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120606.OBS7829/ray-bradbury-a-quitte-la-planete-terre.html
Source: "le Nouvel Observateur" du 09/09/1993. exploration http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20120606.OBS7831/ray-bradbury-chez-john-huston.html

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Mer 13 Juin - 8:03

En tête-à-tête avec... Sjón
Interview du 22 novembre 2008
Propos recueillis par Claudine Despax et Aurore Guilhamet


Musée des beaux-arts de Caen. La conférence sur le réalisme magique vient de se terminer. Sjón, assis à une table au milieu du hall, enchaîne les dédicaces de ses livres. Tout sourire. S’il a un peu de mal à comprendre les prénoms français, l’écrivain islandais n’en perd pas sa bonne humeur et sa gentillesse.

Considéré par beaucoup comme l’écrivain le plus talentueux de sa génération, Sjón n’en reste pas moins aussi simple et abordable qu’il est intelligent et ouvert d’esprit. Arrow http://www.toutelislande.fr/InterviewSjon.html

Bonjour,

Qui l'a lu ?

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Mer 13 Juin - 8:19

Coucou,

Etant un très grand fan de musique islandaise (Björk, Sigur Ros, etc), je connais ce type par les quelques textes qu'il a écrit pour Björk, mais je ne l'ai jamais lu lui directement.
Est-ce que ça vaut le coup ? Smile

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blog _ Sans raison apparente, vivre avec l'autisme

Message  Invité le Mar 21 Aoû - 13:56

exploration http://autisme.blogs.liberation.fr/vivre/

extrait de l'entrée du 20 AOÛT 2012 / Impressions soleil levant

Et comme je ne trouve plus le sommeil, et qu'il va falloir assumer la journée ensuite, je pense à ces dernières années où nous accumulions les mauvaises nuits, les retards de sommeil ; m'arrêtant parfois sur le chemin du boulot, flirtant avec l'assoupissement au volant alors que m'attendait une journée de cours ; sans que l'autre n'en sache jamais rien. Alors je pense à la volonté de tous ceux qui partent ainsi, avec leur secret, leur peine, leurs atteintes, refermant derrière eux la porte de leur histoire voilée, au petit matin d'une journée lambda, pour accomplir leurs devoirs de société, dans leur monde d'entreprise, laissant l’autre épiloguer, s'interrogeant sur la nature des cernes, des imprécisions, des agacements, des retards, des refus, des obscurités. L'autre, pas l'ami, le proche, mais l'être social côtoyé par ses implications de vie. Celui que l'on côtoie plus que tout autre. Et fiers au final de « tenir » dans l'anonymat de leurs difficultés, préférant cela à cette compassion diplomatique, ce regard différent de celui qui finit par savoir et qui ne vous voit plus qu'à travers son prisme personnel. Souvent déformant. Réducteur. Distancié. Mais aussi, parfois, gage lumineux d'une amitié saine.

C'est comme cela. Aujourd'hui nous allons reconstruire plus loin notre shabono, penser qu’un shapiri, un grand esprit, nous attend plus haut dans des forêts plus fraîches ; peut-être en ce grand vautour fauve photographié plus tard, au jugé, surgissant du fond de vallée pour presque nous accompagner, un bout de chemin vers le Pénédis, pic à 1816 mètres. On en attend un enseignement, celui de la rupture, d'un air plus vif. D'une autre expérience.

Et s'en tenir au manque de sommeil en guise d'ultime hallucinogène.


A PROPOS DE L'AUTEUR Armand T. : Né fin des années 50, père d’un enfant unique autiste de 20 ans, atypique avec de forts troubles de comportement (mon fils), en mode "survie" depuis 20 ans (nous, parents), humaniste depuis toujours (enfin, je crois), graphiste concepteur, professionnel de la communication, enseignant de la même communication, photographe aussi, j’ai jalonné notre périple douloureux de plus de 9000 photos. exploration http://autisme.blogs.liberation.fr/vivre/

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Antigone - Jean Anouilh

Message  Invité le Mer 29 Aoû - 5:20

Bonjour,

N'est-ce pas un joli texte à cette heure matutinale ? (entendu à la radio sur France Inter)


Extraits d'Antigone, de Jean Anouilh, qui, elle aussi, s'est réveillée de bon matin :

Je viens « de me promener, nourrice. C’était beau. Tout était gris. Maintenant, tu ne peux pas savoir, tout est déjà rose, jaune, vert. C’est devenu une carte postale. Il faut te lever plus tôt, nourrice, si tu veux voir un monde sans couleurs (…) Le jardin dormait encore. Je l'ai surpris, nourrice. Je l'ai vu sans qu’il s’en doute. C’est beau, un jardin qui ne pense pas encore aux hommes. Dans les champs, c’était tout mouillé, et cela attendait. Tout attendait. (…) c'était encore la nuit. Et il n'y avait que moi dans toute la campagne à penser que c’était le matin. C’est merveilleux, nourrice. J’ai cru au jour la première, aujourd'hui. »

et une de mes citations favorites extraite du même petit livre dont je vous conseille la lecture et qui me suit depuis ma prime adolescence ; Antigone dit : Je veux tout et tout de suite, sinon je refuse.

Antigone , Jean Anouilh. Théâtre (poche), 1947

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Dim 7 Oct - 1:35

A. Green, Hamlet et Hamlet, Paris, Bayard, 2003



Who's there? ( Qui va là? Qui est là?). Le personnage d'Hamlet ne serait t'il pas représentatif "d'être ou ne pas être?", "agir ou ne rien faire?" lorsque tuer équivaut à mourir et laisser vivre ne pas vivre soi même, comment exister?
Comme nous le donne à penser la belle étude d'André Green, Hamlet est double, à la fois spectre de son père le Roi et lui, Prince déchu. Doutant de tout le monde, il doute de lui même. Qui est-il? Ecartelé entre désespoir et euphorie, excitation et désillusion, mélancolie et délire, rongé par le tourment, dévasté par les états de détresses, animé par le désir de vengeance, hanté par le fantôme de son père, ne pouvant se résoudre à aimer la femme qu'il aime, menteur, simulateur de la folie pour découvrir une vérité cachée, Hamlet connait mieux que quiquonque les fronctières de la folie. Réfractaire à la synthèse, confronté à des angoisses liées au vide et au néan, Hamlet nous met en contact avec la problématique des fronctières de la folie et de la confusion : "Etre, c'est être sujet de son désir, c'est vivre sa vie, être soi même ; ne pas être, c'est rester soumis au désir de l'autre, vivre à côté de sa vie, c'est mourir".






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Re: Coin lecture

Message  Invité le Sam 31 Aoû - 18:12

Alesha a écrit:Un livre grandiose de Belinda Cannone : L'homme qui jeûn :

"Un homme s'engage dans une profonde remise en question, se retire du monde et décide de jeûner. Il jeûne pour ignorer ce corps qui incarne la part animal de l'être, pour rompre avec l'humanité, pour éprouver la validité de la vie.
Au fil des jours, se corps se creuse et ses pensées envahissent le huit clos de sa chambre. Il se rappelle sa rencontre avec une femme devant un tableau du Corregio à Vienne, ses repérages d'oeuvres d'art pour un réseaux qui les vole et les revend.
La peinture, les animaux, les arbres, la plongée sous-marine, toutes ces passions l'ont écarté peu à peu des autres.
Pourtant, des visites de plus en plus intrusives menacent sa retraite intérieure.
L'homme qui jeûn est un grand roman philosophique, une histoire à la Borges qui bascule dans le roman noir."
Bonjour à tous ,

Merci , ton résumé me redonne l'envie de relire , malgrés que je n'ai même plus la force de regarder un reportage merci 
Wink  à clémentine tu nous manque sunny Amitié
 Bon wwek end 

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Re: Coin lecture

Message  Andrée le Jeu 5 Sep - 10:15



Le philosophe qui n'était pas sage
Gounelle Laurent
Editeur : PLON/KERO (Octobre 2012)

Résumé :   La forêt tropicale semblait retenir son souffle dans la chaleur moite du crépuscule. Assise devant sa hutte, Elianta tourna les yeux vers Sandro qui s'avançait. Pourquoi ce mystérieux étranger, que l'on disait philosophe, s'acharnait-il à détruire secrètement la paix et la sérénité de sa tribu ? Elle ne reconnaissait plus ses proches, ne comprenait plus leurs réactions... Qu avaient-ils fait pour mériter ça ? D'heure en heure, Elianta sentait monter en elle sa détermination à protéger son peuple. Jamais elle ne laisserait cet homme jouer avec le bonheur des siens. Un roman captivant, plein d humour, de sens et de suspense. Une histoire surprenante qui cache une subtile remise en cause de notre société.

Quelle est l’importance de notre regard sur le monde ?

On entend souvent aujourd’hui que porter un regard ouvert et optimiste sur notre environnement nous permet de le voir sous un meilleur jour.
Dans son livre « Le philosophe qui n’était pas sage », Laurent Gounelle nous donne le cas d’un explorateur qui veut détruire un peuple en le dérobant de ce regard bienveillant, la source de leur paix et de leur bonheur...

Extrait :

"Sandro était allongé dans son hamac, rêvassant les yeux ouverts. Depuis deux jours, il allait beaucoup mieux.
- Comment te sens-tu aujourd’hui ? Demanda Krakus qui s’était finalement octroyé le droit de le tutoyer.
Le beau ténébreux tourna la tête vers lui mais demeura silencieux, sans doute encore dans ses songes.
- J’ai pas mal observé nos sauvages, reprit Krakus pour combler le silence. Ca va pas être facile de les rendre malheureux. Les bougres ont du ressort. Quoi qu’il leur arrive, ils restent souriants.
Sandro le regarda sans rien dire pendant un moment. (...)
- Il va falloir frapper fort si on veut les déstabiliser.
Sandro fit la moue.
- Ce serait peine perdue, dit-il. Toute l’énergie négative du monde ne changerait rien à leur sérénité.
Krakus mordit sa banane et mastiqua machinalement.
- T’as changé d’avis ? T’es partant pour leur régler leur compte... autrement ?
L’autre secoua doucement la tête.
- Alors comment veux-tu t’y prendre ?

Sandro se redressa. Assis dans le hamac, il laissa des jambes pendre dans le vide.
- Tant que les Indiens resteront dans cet état, ils seront intouchables.
- Cet état ?
- Ils sont pleinement eux-mêmes...
- Je vois pas ce qu’ils pourraient être d’autre.
- Ils sont centrés, conscients, dans l’Etre... (...)
Sandro demeura un long moment immobile, l’air contrarié.
- Ce que je veux dire, c’est qu’ils vivent chaque instant intensément, sans rien attendre, sans penser à ce qu’ils feront dans cinq minutes, dans une heure, ou la semaine prochaine. Quand ils regardent une fleur, ils regardent une fleur. Quand ils écoutent quelqu’un, ils écoutent quelqu’un. Quand ils mangent un ananas ils mangent un ananas...
Krakus fronça les sourcils et remordit dans la banane en toisant son interlocuteur. Ce type disait vraiment des conneries tout en ayant l’air inspiré. A faire des études trop longues, y en a qui se retrouvent complètement à l’ouest.
Sandro reprit :
- Ils en savourent chaque bouchée en silence, en étant pleinement conscients de leurs sensations. Ils vivent profondément chaque instant. Quand ils sont en présence d’un autre, ils n’attendent pas d’être admirés ou respectés ou je ne sais quoi encore. Ils sont toujours sincères. Ils ne jugent pas les autres, et donc ne craignent pas d’être eux-mêmes jugés. Ils sont... libres.
Krakus avala de travers, s’étouffa à moitié et se mit à tousser. Il ouvrit la porte et jeta le reste de la banane au loin. Moi aussi, je suis libre, se dit-il en continuant de faire semblant de s’intéresser aux propos fumeux de son client.
- Alors comment veux-tu qu’on s’y prenne avec eux ?
Sandro se rallongea en soupirant doucement. Le hamac se balança mollement de gauche et de droite, de plus en plus lentement, de plus en plus faiblement...
Krakus attendit patiemment.
- Ce qu’il faut, dit enfin Sandro, c’est commencer par les rendre inconscients, leur endormir l’esprit, engourdir leur âme.
- Engourdir leur âme...
- Il faudrait trouver un moyen pour détourner leur attention d’eux-mêmes et du monde réel. Il faudrait, je ne sais pas moi, les hypnotiser.
- Les hypnotiser...
- Oui, les hypnotiser... Surtout le matin, dès le réveil. Les neuropsychiatres savent que la première tâche à laquelle on s’adonne en se levant est interprétée par le cerveau comme étant la plus importante, et donc par la suite il met ses ressources au service des tâches similaires à celle-là, au détriment des autres.
Krakus fronça les sourcils.
- La première chose que je fais le matin, c’est aller pisser.
- Je parle de tâches significatives. Par exemple, si tu commences ta journée de travail en consultant tes e-mails, ton cerveau croit que le plus important, ce sont les informations que tu reçois de l’extérieur. Si tu fais ça tous les jours, alors t’auras de plus en plus de mal à te concentrer pour réfléchir par toi-même, car ton cerveau se rendra surtout disponible pour recevoir des stimuli externes plutôt que pour produire des réflexions de l’intérieur.
- Les e-mails... Je vis dans la jungle onze mois sur douze, moi.
- Bref, ce qu’il faudrait pour les Indiens, c’est inventer un truc pour les inonder de stimuli externes tout en les hypnotisant, dès le réveil. (...)

Sandro glissa ses mains derrière sa nuque.
- Il faudrait aussi trouver le moyen de les couper de la réalité..., dit-il, songeur. Qu’ils cessent d’utiliser leurs cinq sens, leur intuition et leur instinct pour sentir et percevoir le monde, et qu’à la place on leur dicte une vision biaisée de la réalité.
- Ouais... Tu peux préciser un peu ?
- Eh bien, il faudrait que quelqu’un fasse le boulot à leur place, les abreuve de renseignements qui leur donnent l’illusion de bien comprendre leur monde et du coup les dispensent de l’appréhender par eux-mêmes...
- Je vois...
- Et on pourrait faire d’une pierre deux coups, dit Sandro en se redressant dans son hamac. On pourrait par la même occasion leur saper le moral en mettant fin à leur vision positive de la vie.
- Ah oui ?
Sandro se leva d’un bond et marcha de long en large.
- Il faut créer un nouveau rituel dans leur vie. Il faut que quelqu’un, tous les jours à la même heure, leur dise tout ce qui ne va pas dans le village, tous les problèmes, tous les dangers, tout ce qui ne tourne pas rond... (...)
Krakus secoua la tête, incrédule. Sandro se rapprocha.
- Les mauvaises nouvelles, les problèmes, les dangers accaparent toute notre attention car ils stimulent notre instinct de survie. C’est plus fort que nous, c’est quasi physiologique... Ils ne résisteront pas. Crois-moi. (...)

Sandro se rassit sur son hamac.
- Prenons un peu de recul... La difficulté, avec ces sauvages, c’est qu’ils voient du positif partout. Il y a du soleil ? Ils sont contents. De la pluie ? Ils sont contents. Des herbes poussent dans leur champ de manioc ? Ils sont contents... Il faut les amener à voir négativement les choses neutres.
- Et comment tu fais ça ?
- On va les habituer à étiqueter négativement ces choses, et ils finiront par les voir ainsi. Les mots guident le ressenti.
- Etiqueter ?
- Ils doivent apprendre à appeler la pluie « mauvais temps », les jeunes pousses des « mauvaises herbes », certaines senteurs des « mauvaises odeurs », etc.
- Je vois.
- Ca va conditionner leur perception. Bientôt, leur monde ne sera plus aussi beau..."

Arrow 
http://www.inrees.com/articles/importance-de-notre-regard-sur-le-monde/

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"Le mec de la tombe d'à côté", de Katarina MAZETTI

Message  Lola759 le Jeu 12 Sep - 22:38

Voici ma dernière lecture en date: une petite perle dont le titre m'avait interpellée
depuis plusieurs mois sur les tables des librairies.
J'ai pu m'offrir ce livre pour pas cher, et je l'ai lu en août et sept 2013.
Une vrai perle !



Résumé: Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Un livre que je vous conseille, on est vite dedans et on y reste plonger avec plaisir !

Lola759

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L'être et l'écran

Message  Andrée le Jeu 26 Sep - 17:15

L'être et l'écran - Stéphane Vial





Les techniques ne sont pas seulement des outils, ce sont des structures de la perception. Elles conditionnent la manière dont le monde nous apparaît et dont les phénomènes nous sont donnés. Telle est l'hypothèse défendue dans "L'être et l'écran", qui vient de paraître aux Presses Universitaires de France et qui traite du "phénomène" numérique d'un point de vue philosophique. Depuis près d'un demi-siècle, les technologies numériques nous apportent des perceptions d'un monde inconnu. Ces êtres qui émergent de nos écrans et de nos interfaces bouleversent l'idée que nous nous faisons de ce qui est réel et nous réapprennent à percevoir. Quel est l'être des êtres numériques ? Que devient notre être-dans-le-monde à l'heure des êtres numériques ? Le temps est venu d'analyser "l'ontophanie numérique" dans toute sa complexité. La prétendue différence entre le réel et le virtuel n'existe pas et n'a jamais existé.

Nous vivons dans un environnement hybride, à la fois numérique et non-numérique, en ligne et hors ligne, qu'il appartient aux designers de rendre habitable.

Arrow 
http://us2.campaign-archive1.com/?u=62334cf22b921c351c39f3357&id=e8d88c7823&e=9f5bed6b1e

Andrée

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Jeu 26 Sep - 17:27

Merci pour ce conseil de lecture Franzy : le sujet me parle...

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Re: Coin lecture

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