Coin lecture

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Dim 16 Jan - 20:03

maria a écrit:ou on va papa ???
l"os de Dionysos
ensemble c'est tout
je commence "la jeune fille à la perle "

j'aimerais l'avis de ceux qui on lu ces livres

bises a tous
mireille


Coucou Maria!

J'allais justement demander si quelqu'un avait lu "Ou on va Papa" de Jean_Louis Fournier cheers

As tu eu l'occasion de le lire depuis ce post, qui date de quelques mois?

Je l'ai trouvé spécial...Très dérangeant...Parfois proche de l'auteur, il me faisait de la peine; et à d'autres instant, je le traitais d'imbécile...

On aime ou on déteste; ou les deux à la fois...Mais on en retient quelquechose...

Je ne peux pas en dire plus, étant donné que je ne sais pas si tu l'as lu; je ne vais pas te raconter...
Il mérite d'etre lu en tout cas!


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Re: Coin lecture

Message  mireille le Ven 21 Jan - 21:02

coucou Britanie

oui j'ai lu ce livre et il m'a beaucoup marquée ...je trouve tres fort de pouvoir traiter un sujet aussi dramatique avec humour ...du coup j'ai meme envie de le relire c'est te dire comme je l'ai apprécié ...dis moi ce qui t'a dérangé ...
connais tu les autres livres que j'ai cité ??? sinon quel genre de livre attire ton attention ....je trouve interessant de debattre sur le sujet ..


a bientot j'espere
mireille

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Sam 22 Jan - 9:48

Coucou Mireille!

Moi aussi, j'ai envi de le relire!

Alors déjà, si j'ai acheté ce livre, ce n'est pas par hasard; j'ai moi même un enfant handicapé Very Happy

Pour le coté sarcastique, je rejoins assez Fournier; d'ailleurs mon fils et moi, on se moque régulièrement des gens qui nous "observent du coin de l'œil"; ce qui m'a dérangé c'est cette impression que justement il n'a pas réussi à avoir de proximité avec ses gamins...

Je dirais qu'il est carrément passé à coté d'eux, parce qu'a trop regarder ce que le handicap a de mauvais, on ne voit pas ce qu'il y a de génial à vivre différemment avec quelqu'un de différent!

Je ne veux pas juger, je serais très mal placée; mais avoir un enfant handicapé, puis un second et malgré tout en refaire un troisième; ça me donne l'impression de chercher désespérément à en faire un de "correct"...

Je trouve ça un peu dommage pour les parents comme moi; qui préfèreraient faire passer un autre message...Dénoncer certaines choses oui: un peu d'ironie aussi; mais pas que ça...

Sinon, je ne lis plus; j'ai beaucoup de mal à me concentrer...Meme pour taper sur le pc, c'est pas toujours facile... Rolling Eyes

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Sam 22 Jan - 10:44

Lire

Et puis un jour, par la fenêtre d’une voiture, […] j’ai aperçu un panneau publicitaire au bord de la route. […] Peut-être la voiture a-t-elle ralenti juste assez longtemps pour que je voie surgir de grandes formes, des formes semblables à celles de mon livre, mais des formes que je n’avais jamais vues. Et pourtant, tout à coup, j’ai su ce qu’elles étaient : j’entendais dans ma tête ces traits noirs et ces espaces blancs métamorphosés en une réalité solide, sonore, pleine de sens. J’avais fait cela tout seul. Personne n’avait exécuté pour moi ce tour de magie. Moi et les formes, nous étions seuls, la révélation avait eu lieu en un dialogue respectueusement silencieux. Puisque je pouvais transformer des traits nus en réalité vivante, j’étais tout puissant. Je savais lire.

[…] Cette impression de me trouver soudain capable de comprendre ce qu’auparavant je ne pouvais que contempler est demeurée aussi flamboyante aujourd’hui qu’elle doit l’avoir été alors. C’était comme l’acquisition d’un sens nouveau, de sorte que désormais certaines choses ne consistaient plus seulement en ce que mes yeux pouvaient voir, mes oreilles entendre, ma langue goûter, mon nez sentir ou mes doigts palper, mais en ce que mon corps entier pouvait déchiffrer, traduire, énoncer, lire.


Alberto Manguel. Une histoire de la lecture. (Actes Sud, 1998)


Sur les épaules de Darwinpar Jean-Claude Ameisen - le samedi de 11h05 à 12h
samedi 15 janvier 2011 - écoutable en Archives pendant 30 jours
exploration http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sur-les-epaules-de-darwin/

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Re: Coin lecture

Message  Alesha le Dim 6 Mar - 21:37

Bonjour, je viens de terminer un livre d'un auteur que j'ai découvert récemment, et pourtant... :
"Comment va la douleur" de Pascal Garnier. Grandiose ! cheers

"On ne saurait dire pourquoi l'univers de Pascal Garnier nous est si proche. Pourquoi il nous envoûte avec des histoires plutôt simples, des personnages a priori ordinaires et malmenés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus. Ainsi Bernard, crétin solaire qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C'est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, 'éradicateur de nuisibles' en préretraite, autant dire tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu à Vals-les-Bains. Et le hasard fait bien les choses : Simon a de l'argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission... Avec affection, on range les romans de Pascal Garnier au panthéon de nos auteurs d'atmosphère. Entre Simenon et Hardellet. Entre tendresse et cynisme, réalisme et humour désenchanté. Dans Comment va la douleur ? on retrouve cette façon si singulière et si attachante qui comme un miracle réjouit le coeur et fait du bien à l'âme."

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Est-il plus dangereux de manger aujourd'hui qu'hier ?

Message  Invité le Mar 15 Mar - 17:32

Marie Monique Robin, journaliste et réalisatrice Lauréate du prix Albert Londres.
Son blogue :
Arrow http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/

Marie Monique Robin, Notre poison quotidien : la responsabilité de l'industrie chimique dans l'épidémie des maladies chroniques, La Découverte, 2011

+ d'info : Message fractal Mardi 15 mars 2010 à 17:22
Est-il plus dangereux de manger aujourd'hui qu'hier ? 15 mars à 18h20 radio et 20h40 TV
Arrow http://bipolairemd2008.forum-actif.eu/t2496p75-cuisine-recettes-et-astuces?sid=a649cb095adbfbb1b6dd4146ce6c0d72#35330

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idée de lecture

Message  fleurdelegie le Ven 1 Avr - 19:34

la Dame en Bleu de Javier Sierra

Quel improbable lien existe-t-il en J. Narody ex-agent du CIA aux rêves étranges et Carlos Albert journaliste espagnol passionné d'ésotérisme ?
Cette force mystérieuse ressemble à une religieuse du 17ième vêtue de bleu. En 1629, elle est apparue plus de 500 fois pour convertir des indiens du Nouveau Mexique sans quitter son couvent. L'Eglise l'envoya devant l'inquisition qui la condamna. Albert se lance sur la piste de cette dame et découvre peu à peu des enjeux énormes qui le rapproche de Narody qui détient la clé que le Vatican et le Pentagone tentent d'élucider depuis 400 ans.

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Ven 1 Avr - 19:40

Ca, c'est un fil qui me plait, Fleurdelegie ! study

J'espère que tu nous diras ce que tu as pensé de ce livre lorsque tu l'auras terminé, histoire de nous faire baver d'envie de le lire. Wink


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Re: Coin lecture

Message  Alesha le Ven 1 Avr - 19:57

Oui, merci Fleur pour ce fil, je lis environs un livre tous les 15 jours, je vais faire de belles découvertes ici je le sens Smile

Alesha

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coin lecture "citations"

Message  Invité le Lun 11 Avr - 7:35

Certains enfants disparaissent de la vie de leurs parents pour les obliger à penser à eux.»
[ Nique Gemmell ] - Les Noces sauvages

«C’est très dangereux d’écrire!»
[ Nique Gemmell ] - Extrait d'une interview sur Evene.fr - Janvier 2007

«La solitude est absolument essentielle à l’équilibre d’une personne.»
[ Nique Gemmell ] - Extrait d'une interview sur Evene.fr - Janvier 2007

«S'il y a une chose dont on peut être certain dans la vie, c'est que rien ne dure.»
[ Nique Gemmell ] - Les Noces sauvages

«Le porno enlève au sexe le mystère, la révérence et la transcendance.»
[ Nique Gemmell ]

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Lun 11 Avr - 12:19

Bonjour les mordus de lecture coucou

Si vous êtes amateurs d'une science fiction "réaliste", ce livre de Frank Herbert (Dune, Destination Vide, L'incident Jésus) vous est destiné...
Je veux parler de La Mort Blanche (1983).

Ce roman d'un réalisme terrifiant nous démontre comment un génie se met en tête d'éradiquer l'humanité.
Vous me direz : mais qu'est-ce qui peut pousser un homme à une telle idée ?
La détresse et l'esprit de vengence, tout simplement.

John O'Neill est un scientifique doué, mais tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Il est marié et a deux enfants.
Un jour, alors que toute la petite famille se promène dans une rue de Dublin, une voiture piégée explose.
John est le seul à s'en sortir. Mais puisqu'on l'a privé de sa femme et de ses enfants, il décide que plus personne n'aura de femme, ni d'enfant.
C'est ainsi que dans un laboratoire secret, il met au point un virus qui tue les femmes, toutes les femmes et exclusivement les femmes.
Puis il propage la maladie par le vecteur le plus logique et évident qui soit : les billets de banque.
Bientôt, le monde entier est touché par l'horrible maladie qui décime la population féminine.
Quelqu'un peut-il trouver un remède à la peste blanche ?
Comment sauver l'humanité s'il n'y a plus aucune femme ?

Ce roman haletant d'environ 700 pages vous laissera stupéfaits tant les situations décrites sont plausibles.

Vous devriez dès à présent songer à décrocher le téléphone et à débrancher la sonnette de la porte d'entrée parce que votre après-midi risque d'être très, mais alors très occupé ! study

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Et si la lettre e n'existait pas...

Message  Invité le Mar 12 Avr - 13:48

Bonjour les mordus de la bibliothèque ! coucou

Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire partager La Disparition de Georges Pérec.

C'est à ce jour mon livre préféré, une petite merveille comme on en fait peu et qui nous vient des surréalistes, plus précisément de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle).

La particularité de ce roman qui fonctionne sur le mode du roman policier (sans toutefois en être réellement un) est qu'il a été intégralement écrit sans la lettre -e, la voyelle la plus utilisée dans la langue française. Forcé d'exécuter des triples saltos arrières linguistiques afin d'éviter les mots comprenant un -e, Georges Pérec nous livre grâce à cette histoire quelques fins morceaux de littérature dignes d'un virtuose. Pas très intéressante en soi, l'histoire ne constitute qu'un prétexte à mettre en pratique la contrainte oulipienne du lipogramme (retrait d'une lettre)... mais quel résultat surprenant ! drunken

Lorsqu'Anton Voyl disparaît brusquement alors qu'il semblait avoir découvert une chose importante et mystérieuse, ses amis partent à sa recherche. Mais pourquoi Anton Voyl s'est-il évaporé ? A-t-il été enlevé ? S'est-il enfui ? Est-il mort ? Quelle grande révélation a provoqué cette disparition ?

Ce livre, écrit en 1969, ne reçoit qu'un accueil très mitigé. Il faut dire que Georges Pérec ne précise nul part sa fameuse contrainte morphologique. D'ailleurs, le nom de l'auteur est laissé dans sa graphie normale (avec 4 -e, donc). Mais on sent que l'écrivain s'amuse beaucoup de sa trouvaille. La fameuse chose disparue découverte par Anton Voyl est décrite comme "un rond pas tout à fait clos, fini par un trait horizontal". De même, Pérec s'amuse à réécrire certaines expressions de la langue française : "ni une ni deux" devient ainsi "ni six moins cinq", le "je" est de temps en temps remplacé par le "nous" royal, pas d'adverbes, pas de féminins, etc... Imaginez un peu le casse-tête que d'écrire un livre pareil ! C'est un vrai tour de force. Je ne résiste pas au bonheur de vous livrer un passage de ce petit bijou :

Il mit un mot aux amis qu'il avait. Il y disait :
"J'aurais tant voulu dormir tout mon saoul. J'aurais tant voulu m'offrir un bon roupillon. Mais il a disparu ! Qui ? Quoi ? Va savoir ! Ca a disparu. A mon tour, aujourd'hui, j'irai jusqu'à la mort, jusqu'au grand oubli blanc, jusqu'à l'omission. It is a must. Pardon. J'aurais tant voulu savoir. Un mal torturant m'a tordu. Ma voix a tout d'un chuchotis bancal. O ma mort, sois la rançon du transport fou qui m'habita. Anton Voyl."
Il y avait un post-scriptum, un post-scriptum ahurissant qui montrait qu'Anton Voyl n'avait plus sa raison : "Portons dix bons whiskys à l'avocat goujat qui fumait au zoo".
Il y avait, pour finir, paraphant, trois traits horizontaux (dont l'un au moins paraissait plus court) qu'un gribouillis confus barrait.

Suicida-t-il ? Appuya-t-il un canon sur son zygoma ? S'ouvrit-il au rasoir dans un bain chaud ? Avala-t-il un bol d'acqua-toffana ? Lança-t-il son auto dans un trou sans fond tourbillonnant sans fin jusqu'au soir du Grand Jour, jusqu'au jour du Grand Soir ? Ouvrit-il le gaz ? Fit-il harakiri ? S'arrosa-t-il au napalm ? Bascula-t-il du haut d'un pont dans un flot noir qui l'absorba ?
Nul n'a jamais su s'il avait choisi sa fin, s'il avait connu la mort.
Mais quand, trois jours plus tard, un ami, qu'alarmait l'incongru mot d'Anton, vint lui offrir son concours, il trouva la villa sans habitants. L'auto croupissait dans son hangar. Il n'y avait aucun habit manquant dans son placard. L'on n'avait pris aucun sac. Aucun sang n'avait jailli.
Mais Anton Voyl avait disparu.

(Georges Pérec, La disparition, 1969, page 55, Editions Denoël)


Ce roman exceptionnel a suscité énormément d'écrits, quelques décennies plus tard, notamment de nombreux psychanalystes qui ont rapproché le décès de la mère de Georges Pérec dans un camp de concentration de cette "disparition" du -e, lettre de la féminisation des mots français. Beaucoup parmi eux y ont perçu le symbole de l'angoisse lié à la mort de la figure maternelle.

On aurait pu croire que La disparition n'aurait pas pu être traduite du fait de sa contrainte technique. Pourtant, une version existe en anglais. Elle reprend plus ou moins la trame de l'histoire du roman original, mais c'est bien la lettre -a (et non le -e) qui a été évincée dans cette version, puisque la voyelle la plus utilisée en anglais est le -a.

Enfin, je vous livre la quatrième de couverture du roman en français. Il s'agit d'un article en forme de clin d'oeil de l'écrivain Bernard Pingaud :

Trahir qui disparut, dans La disparition, ravirait au lisant subtil tout plaisir. Motus donc, sur l'inconnu noyau manquant - "un rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal" -, blanc sillon damnatif où s'abîma un Anton Voyl, mais d'où surgit aussi la fiction. Disons, sans plus, qu'il a rapport à la vocalisation. L'aiguillon paraîtra à d'aucuns trop grammatical. Vain soupçon : contraint par son savant pari à moult combinaisons, allusions, substitutions ou circonclusions, jamais G.P. n'arracha au banal discours joyaux plus brillants ni si purs. Jamais plus fol alibi n'accoucha d'avatars si mirobolants. Oui, il fallait un grand art, un art hors du commun, pour fourbir tout un roman sans ça !

Bonne lecture ! drunken

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Mer 13 Avr - 16:46

Bonjour les as de la lecture, coucou

Aujourd'hui, je vous propose de nous déplacer jusqu'en Espagne, patrie de l'écrivain et journaliste Manuel Vazquez Montalban.
Comme il s'agit d'un écrivain extrêment prolifique et touche-à-tout, je précise un peu ma pensée. Je souhaiterais m'attarder sur L'étrangleur, sorti en 1994 (Editions du Seuil).

Dans ce roman, Montalban nous fait découvrir la fausse "vraie" histoire d'Albert DeSalvo, appelé l'étrangleur de Boston. Après avoir commis 37 meutres plus affreux les uns que les autres, l'étrangleur ne se retrouve pas derrière les barreaux, mais... dans une institution psychiatrique carcérale où tous les plus éminents spécialistes du pays se pressent pour essayer de percer les mystères de cet esprit criminel. L'étrangleur nous livre, dans ce roman, sa propre perception de ses meurtres (qui avaient tous une justification, même si cela ne va pas de soi). Dans ce roman en forme de journal ou d'autobiographie fictive, Montalban utilise une écriture pleine de fantaisie et de poésie pour décrire des meurtres tellement grotesques qu'ils en deviennent drôles, ce qui n'est pas sans laisser un arrière goût acide au lecteur...

Je vous livre un petit extrait :

Mes maîtres d'école primaire disaient de moi que j'étais un enfant antique, et deux professeurs qui allaient exercer une très forte influence sur ma vie m'appelèrent adolescent antique : la bêcheuse qui enseignait le français, et la maîtresse auxiliaire de langues classiques que j'ai déjà mentionnée. Mais le ton de ces deux femmes n'approchait même pas le dédain avec lequel M. Dotras me traitait d'enfant antique, ce Dotras que je pendis à la grille d'une villa art déco sur une côte qui pourrait bien être celle de la Nouvelle-Angleterre : ma mémoire des lieux me jouant des tours, les psychiatres carcéraux qui se sont succédés auprès de moi ont inutilement cherché à établir un itinéraire topographique de mes exploits. L'un de ces psychiatres, je l'ai tué dans sa baignoire, grâce au procédé consistant à jeter dans les eaux parfumées aux sels de violette de la marque Biotherm un sèche-cheveux Kenwood, branché au courant électrique avec toute la volonté de puissance qui caractérise les meilleurs appareils Kenwood. Plus énergique l'électroménager, plus efficace l'exécution, et c'est pourquoi j'avais d'abord pensé plonger dans les eaux savonneuses de la baignoire, dans ce pur potage de Badedas, un Kenwood Chef modèle A901 qui trônait parmi les ustensiles de cuisine de ce psychiatre de pénitentier. Mais il pseait trop lourd pour être transporté, et puis sa présence dans la baignoire eût été trop injustifiée puisque le Kenwood Chef prépare les pâtes fraîches, moud le café, distille les jus de fruits, hache la viande, noue les saucisses, tranche, exprime les sucs, liquéfie, lie les crèmes, ouvre les boîtes, filtre avec le soin du tamis, pèle les patates, moud le blé et, magiquement, épluche les haricots.

(Manuel Vazquez Montalban, L'étrangleur, pages 48-49, Editions du Seuil, Point, 1994)


Et voici ce que nous raconte la quatrième de couverture :

Albert DeSalvo, l'étrangleur de Boston, a tué ses parents au gaz, empalé son vieux professeur, congelé une ex-contorsionniste, égorgé une prostituée, jeté ses propres enfants d'une falaise... malgré ses trente-sept crimes, il reste fasciné par la belle Alma, sortie tout droit d'un tableau de Klimt. Dans le récit qu'il propose de sa propre vie, où est la vérité ? Où commence la folie ?

Montalban est mort en 2003. Il a reçu le Premio Nacional de las Letras pour l'ensemble de son oeuvre en 1995.

Bonne lecture ! lecture

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Re: Coin lecture

Message  Invité le Jeu 14 Avr - 22:07

Bonsoir les drogués de la page de garde ! coucou

Qui n'a jamais rêvé de découvrir ce qu'il se passe après la mort ?
Bernard Werber, lui, n'a pas hésité à mettre les pieds dans le plat avec son roman paru en 1994, Les Thanatonautes.

Mais qu'est-ce qu'un thanatonaute, me direz-vous ? Eh bien ce mot vient du grec "thanatos", la mort et de "nautês", le navigateur. Littéralement, un thanatonaute est un explorateur de la mort. Selon Bernard Werber, voici ce que disent tous les manuels d'histoire des élèves de CE2 :

Quelques dates à retenir
1492 : premiers pas sur le continent américain
1969 : premiers pas sur la lune
2062 : premiers pas sur le continent des morts
2068 : premières publicités sur le chemin de la réincarnation


"Impossible !" me direz-vous. Pourtant, tous les livres sacrés de toutes les religions sont unanimes : après la vie, il existe bel et bien un continent inconnu. Tous le relatent en utilisant des métaphores afin que le secret reste inviolé. Des gens ayant fait des expériences de mort imminente, comme les comateux ou les cardiaques, ont déjà eu un aperçu de ce monde inexploré. Mais que se passerait-il si tout un groupe de scientifiques décidait de révéler à la face du monde la réponse à la plus vieille question de l'humanité : que nous attend-il après notre dernier soupir ?

Comment s'y prendraient-ils ? Qui accepterait d'effectuer un tel voyage dont on est sûr de ne jamais revenir ? Si la mort était un monde terrible, serions-nous capables de le supporter ? Si au contraire, il s'agissait d'un monde paradisiaque, comment empêcher les gens de s'y rendre plus tôt que prévu ? Et si après la mort, il n'y avait... rien ?

Telles sont les questions sur lesquelles Bernard Werber se penche avec humour et philosophie, dans ce roman d'environ 500 pages qui se boit d'une lampée.

Voici un petit extrait qui vous mettra l'eau à la bouche :

Quand le directeur lui parla du projet "Paradis" et des quatre-vingts ans de réduction de peine qu'il entraînait, il ne songea pas un instant à réclamer de plus amples renseignements. Jamais on ne lui avait proposé si beau cadeau.
Certes, une rumeur courait la prison selon laquelle des centaines de détenus auraient laissé leur peau dans la pièce sous les caves où se déroulait l'expérience. Félix n'en avait cure. Après tout ce qu'il avait avalé sans crever, il avait confiance en sa bonne étoile. Les autres avaient manqué de chance, voilà tout ! Après tout, on n'a rien sans rien et pour quatre-vingts ans de réduction de peine, on devait vous réclamer un solide effort.
Il s'installa de bon gré sur le fauteuil. Il tendit son torse aux électrodes. Il serra contre lui la couverture réfrigérante.
- Prêt ?
- Ben, j'suis à vos ordres, répondit Kerboz.
- Prêt.
- Prête !
Pas de prière. Pas de signe de croix. Pas de doigts croisés. Félix se contenta de bien caler la chique qu'il conservait toujours dans sa joue droite. De toute façon, il n'avait rien compris à tout ce déploiement scientifique et il s'en fichait complètement, uniquement concentré sur la mirobolante prime qui s'ensuivrait. Quatre-vingts ans de réduction de peine !
Comme on le lui avait ordonné, il compta lentement.
-Six... cinq... quatre... trois... deux... un... décollage.
Puis il pressa innocemment l'interrupteur.


(Bernard Werber, Les Thanatonautes, pages 108-109, éditions Albin Michel, 1994)


Envie de connaître la suite ? Courez jusqu'à la bibliothèque ou la librairie !
Allez, plus vite que ça ! sourire tire langue

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coin lecture"citations"

Message  Invité le Ven 15 Avr - 7:55

L'envie et le mépris sont des alliés naturels.»
[ She Lao ] - Extrait d’ Un fils tombé du ciel

«La solitude est une prison.»
[ She Lao ] - Quatre générations sous un même toit

«C'est en apprenant que l'on mesure son ignorance.»
[ She Lao ] - Extrait d’ Un fils tombé du ciel

«Même une poule, aussi docile soit-elle, quand elle est attachée, se débat.»
[ She Lao ] - Quatre générations sous un même toit

«L'espoir est le seul refuge de l'instinct maternel.»
[ She Lao ] - Extrait d’ Un fils tombé du ciel

«C'est parfois d'une situation désespérée que jaillit l'espoir.»
[ She Lao ] - Extrait d’ Un fils tombé du ciel

«Ce n'est pas la force qui fait le mérite d'une nation mais son intelligence.»
[ She Lao ] - Quatre générations sous un même toit

«Toute chose ici-bas se règle par l'action, non par le chagrin.»
[ She Lao ] - Quatre générations sous un même toit

«Si le ciel nous tombe sur la tête, il écrasera tout le monde.»
[ She Lao ] - Quatre générations sous un même toit

«Quand nous tombons dans un puits, ce ne sont pas nos oreilles qui arrêtent la chute.»
[ She Lao ] - Extrait d’ Un fils tombé du ciel

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Re: Coin lecture

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